TÉHÉRAN

TÉHÉRAN

Je suis à côté, à l’entrée du détroit

Les yeux rivés sur Téhéran

Qu’il pleuve, qu’il soleille

L’Orphelin ne mourra.

 

Le sein de la mère

Même mort, criblé de balles

Continue de l’alimenter

Téhéran gémit.

 

De ses blessures coule le pétrole

Qui alimentera encore Tel-Aviv et Washington

Je suis à l’entrée du détroit, j’ai croisé mes bras sur le tank

Il avance vers le cœur.

 

Le cœur du chœur où siffle le cor

Où l’ONU, telle la migdale sans enfant

Trempe la mèche allumée

Sur son propre clitoris.

 

À l’instant où il m’appelle

M’enchaîne et me conduit en salle d’opération

Je n’ai qu’un souvenir et un seul rêve :

Ne pas mourir avec la migdale qui s’affaisse.

 

Ne pas m’asseoir sur le cor qui blasphème

C’est me tenir debout

Non plus sur le détroit

Mais au cœur du feu avec mon sceptre blanc.

 

Mon cœur est apaisé

Il ne porte plus des épaves

Je sors de la salle d’opération

En toute conscience du monde.

 

Personne ne sera sur le toit

Personne ne sera sur le plancher

L’Homme sera l’égal de l’Homme

Les nations se regarderont avec tendresse.

 

Je sors de la salle avec le tank

Je l’ai froissé et écrasé

Jusqu’à la poudre inerte.

 

Malheur à la migdale, malheur à la rancœur !

Elle va mourir maintenant

Si elle ne meurt

Jamais l’Homme ne connaîtra l’amour.

Augustin Roger MOMOKANA