Mairie de Dschang : le Pr Emile Temgoua bat le rappel des troupes.

Mairie de Dschang : le Pr Emile Temgoua bat le rappel des troupes.

La journée du mardi 14 avril 2026 a été particulièrement dense pour le nouveau maire de Dschang. Entre audiences, descentes sur le terrain et séances de travail, le Professeur Emile Temgoua n’a connu aucun répit, vivant ce qui s'apparente à un véritable baptême du feu. Komiaza revient sur les deux temps forts de cette journée marathon.

Relancer le partenariat stratégique avec le FEICOM

La matinée a débuté par la visite de M. Emmanuel Zo’o Ebogo, Directeur Régional du FEICOM Ouest. Au-delà des condoléances présentées suite au décès du maire Jacquis Kemleu Tchabgou, survenu le 30 mars dernier, cette rencontre visait à consolider les liens avec le nouvel exécutif. L'objectif : passer en revue le portefeuille de projets financés par le FEICOM pour garantir la continuité des services de qualité aux populations.

Accompagnés de leurs équipes respectives, les deux responsables ont inspecté plusieurs chantiers majeurs :

  • À l’Université de Dschang : Un projet d'approvisionnement en eau potable est en phase de bouclage. Il comprend la construction d’un château d’eau à énergie solaire et d’une borne fontaine publique au sein de la cité universitaire. Sur place, les étudiants ont exprimé leur soulagement de disposer enfin d'un point d'eau à proximité, tandis que le Dr Ramsès Guiffo, concierge de la Cité U, s'est engagé à veiller à la préservation de l'ouvrage contre tout acte de vandalisme.
  • Au Marché des Viandes : Les travaux de finition s'accélèrent avec un taux de réalisation de 60 %. Cette infrastructure moderne, dotée de 20 comptoirs, d'une grande chambre froide et d'une salle de fête, vise à assainir le commerce de la viande dans la commune.
  • Projets futurs : Le FEICOM a réitéré son soutien pour les aménagements extérieurs de l’Hôtel de Ville et la future cité municipale, dont le financement est disponible, malgré des questions d'indemnisation foncière encore en suspens.

La délégation s'est ensuite rendue à la Préfecture pour une séance de travail avec le Préfet de la Menoua, afin d'aligner les priorités municipales sur les orientations administratives.

Mobilisation générale et défi de la propreté

L’après-midi a été marqué par l'Assemblée Générale du personnel communal, la première présidée par le Professeur Emile Temgoua. Introduit par le Secrétaire Général, François Kenfack, le maire par intérim a délivré un discours de mobilisation ferme.

Le nouveau chef de l'exécutif a insisté sur plusieurs piliers : l’assainissement financier (salaires), la qualité de l’accueil des usagers et le rétablissement de la confiance citoyenne. « Chaque chef de service doit battre le rappel de ses troupes », a-t-il martelé, rappelant que le salaire est la contrepartie d'un travail effectif et productif.

Le maire a conclu sur une note d'urgence : l'insalubrité. « Dschang est sale, et cela nous interpelle tous », a-t-il déclaré, faisant de l'assainissement sa priorité absolue. À cet effet, il a annoncé le lancement du concours de la « ville la plus propre », avec l'ambition claire de voir Dschang monter sur la plus haute marche du podium national.

L’Œil de Komiaza : marquer son passage à la tête de l’exécutif municipal.

Le Professeur Émile Temgoua ne s’offre pas de round d’observation. En succédant à Jacquis Kemleu dans un contexte marqué par le deuil et l'urgence des sinistres récents, le nouveau maire choisit la stratégie du mouvement perpétuel. Ce « rappel des troupes » n'est pas qu'administratif, il est éminemment politique : en affichant une proximité immédiate avec le FEICOM, il rassure sur la continuité des grands chantiers. Mais le véritable défi sera humain. En liant frontalement la productivité des agents au paiement des salaires et en pointant l'insalubrité criante, il pose un diagnostic sans complaisance. Passer de « Dschang la sale » à « Dschang sur le podium » demandera plus que des discours : il faudra transformer la culture du service public au sein même de l'Hôtel de ville. Le baptême du feu ne fait que commencer.

Augustin Roger MOMOKANA