20 mai à Douala : Le gouverneur du Littoral et le préfet du Wouri affichent leur discorde.

20 mai à Douala : Le gouverneur du Littoral et le préfet du Wouri affichent leur discorde.

Le défilé de la fête nationale de l’unité, célébré ce mercredi 20 mai 2026 à Douala, a été marqué par un incident protocolaire majeur entre le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, et le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo. En refusant de se serrer la main sur la place publique, les deux hauts commis de l'État ont étalé une profonde crise personnelle liée à un contentieux foncier.

La scène, capturée dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, s'est déroulée lors de l'arrivée officielle du chef de la région du Littoral à la Place du défilé. Alors que le préfet du Wouri figurait en bonne place au sein de la haie d'accueil, les deux administrateurs civils se sont limités à un salut militaire strict, sans la traditionnelle poignée de main. Le gouverneur a pourtant poursuivi son accueil en saluant chaleureusement par le geste les autres officiels et hommes en tenue alignés à la suite du préfet, actant publiquement un point de non-retour dans leurs relations professionnelles.

Ce gel protocolaire trouve sa source dans un conflit ouvert autour de la gestion des terres dans la capitale économique du Cameroun. Le préfet Sylyac Marie Mvogo a récemment adressé une note officielle de dénonciation au ministre de l'Administration territoriale, ciblant directement sa hiérarchie régionale. Dans ce document, le préfet fustige une affaire de « fictive spoliation du domaine public » au lieu-dit Japoma-Bakoko, dans l'arrondissement de Douala 3e, qualifiant la situation de « haute machination savamment orchestrée par le gouverneur de la région du Littoral et ses affidés » contre sa personne, avant de lâcher cette formule lourde de sens : « Ma mort viendrait de ce que j'ai refusé de pactiser avec ce cartel de prédateurs fonciers ».

Cette inimitié affichée le jour de la célébration de l’unité nationale a suscité une vive indignation au sein de l'opinion publique et parmi les participants au défilé. De nombreux observateurs déplorent que des querelles intestines et des intérêts particuliers de hauts responsables de l’administration territoriale soient mis en scène lors d'un événement censé symboliser la cohésion et le rassemblement de la nation. Si l'incident prête aux sourires sarcastiques sur les plateformes numériques, il met surtout en lumière un malaise profond dans la gouvernance locale où l'éthique de la fonction publique semble s'effacer devant les rivalités personnelles.

Conclusion

Le spectacle offert à Douala par ces deux figures de l'autorité de l'État laisse désormais planer une lourde incertitude sur la chaîne de commandement dans la région du Littoral. Les regards et les oreilles des observateurs politiques sont désormais braqués vers Yaoundé, où l'arbitrage du pouvoir central reste attendu, tant le principe républicain rappelle que la continuité et la dignité de l'État doivent s'élever au-dessus des conflits individuels de ses serviteurs.

Par Augustin Roger Momokana