Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a mis fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, ce vendredi 22 mai 2026. Cette décision officielle entraîné la dissolution immédiate du gouvernement, dont l'équipe sortante assurera la gestion des affaires courantes jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet.
La rupture officielle a été annoncée par un communiqué de la Présidence lu par le Ministre secrétaire général, Oumar Samba Ba, provoquant une onde de choc immédiate sur l’échiquier politique national. En réaction, Ousmane Sonko a publié un message de soulagement sur ses réseaux sociaux, affirmant « dormir le cœur léger » dans son fief de la cité Keur Gorgui. Ce limogeage marque le point de non-retour d'une longue crise institutionnelle entre les deux dirigeants, exacerbée par une dualité de leadership intenable à la tête de l'État, où la posture de chef de fait d'Ousmane Sonko se heurtait à l'autorité constitutionnelle du président Faye.
Les sources de ce conflit entre ces deux alliés historiques reposent sur de profonds désaccords stratégiques et idéologiques. Le point de rupture définitif a été atteint lors d'un récent discours d'Ousmane Sonko devant les députés, où il s'est fermement opposé aux pressions occidentales concernant la dépénalisation de l'homosexualité, une diplomatie offensive qui contrastait avec la ligne plus modérée de la présidence. Face à ces tensions croissantes, le chef de l'État avait déjà préparé ce divorce en mettant sur pied sa propre coalition politique, s'émancipant ainsi de l'influence du Pastef, le parti dont Ousmane Sonko demeure le leader.
Pour anticiper les vagues de cette restructuration majeure, le président Bassirou Diomaye Faye a ouvert dès le jeudi 21 mai 2026 le premier cycle des consultations de la Journée nationale du dialogue au Palais de la République. Il y a successivement reçu quatre anciens Premiers ministres — Cheikh Aguibou Soumaré, Abdoul Mbaye, Aminata Touré et Amadou Ba — pour de longs échanges sereins portant sur l'économie, la sécurité et la marche du pays dans un contexte international exigeant.
Cette séparation ouvre désormais une période de recomposition politique majeure et de fortes incertitudes pour le pays. Redevenu le chef de l'opposition radicale, Ousmane Sonko devrait capitaliser sur sa base électorale jeune et son discours souverainiste en vue de la présidentielle de 2029, au risque d'engendrer un climat social agité et des blocages parlementaires. Pour faire face à cette nouvelle contestation, le président Faye s'attèlera à consolider sa nouvelle coalition et pourrait s'appuyer sur l'expérience des figures étatiques récemment consultées ainsi que sur la légitimité des institutions républicaines pour garantir la stabilité de l'État.
Conclusion
Le limogeage d'Ousmane Sonko met fin à une cohabitation conflictuelle jugée néfaste pour la stabilité du Sénégal, rappelant qu'un État ne peut tolérer deux centres de commandement. Cette séparation redistribue totalement les cartes du pouvoir à Dakar, marquant le début d'un bras de fer ouvert entre la légitimité présidentielle de Bassirou Diomaye Faye et la force de contestation d'Ousmane Sonko.
Par Komiaza







