Mairie de Dschang : Réouverture sous scellés après le choc du décès de Jacquis Kemleu.

Mairie de Dschang : Réouverture sous scellés après le choc du décès de Jacquis Kemleu.

Le cœur de la cité climatique s’est arrêté de battre ce mardi 31 mars. Suite au décès brutal du Maire Jacquis Kemleu Tchabgou survenu la veille à Yaoundé, l’Hôtel de Ville est resté clos. Alors que le travail reprend ce mercredi, le cabinet du défunt est désormais sous scellés, marquant le début d'une transition délicate.

L'image est forte : les accès de l’Hôtel de Ville de Dschang sont restés désespérément fermés ce mardi. Ni personnel, ni conseillers municipaux n'ont franchi le perron. Une "trêve" de recueillement imposée par la violence de la nouvelle : le décès de Jacquis Kemleu Tchabgou, survenu lundi 30 mars aux alentours de 16h à Yaoundé.

Une procédure de sauvegarde rigoureuse

Dans la matinée, une délégation de haut rang, comprenant la tutelle administrative, les autorités judiciaires et policières, ainsi que les adjoints au maire, a investi les lieux. L'issue de cette visite a été marquée par un acte administratif majeur : la mise sous scellés du cabinet du maire.

Loin d'être une sanction, cette procédure est une mesure de sécurité standard. Elle vise à sanctuariser le cadre de travail, à protéger les dossiers en cours et à préserver les actifs de la commune jusqu'à ce qu'un inventaire complet du bilan du défunt soit établi. C'est la garantie d'une transition transparente.

L’inquiétude sociale derrière le deuil

Si le personnel est visiblement affecté par la perte de celui qui présidait aux destinées de Dschang depuis février 2020, une autre ombre plane sur les visages : celle des arriérés de salaire. Beaucoup s'interrogent : que va devenir l'argent dû après la disparition du chef de l'exécutif ?

Il convient de rappeler un principe fondamental : l'administration est continue. Si le "capitaine" de la mandature des défis est tombé, le navire municipal ne s'arrête pas. La rupture physique ne signifie pas le gel des avoirs. Les mécanismes de paiement et les engagements de la mairie devraient rester actifs, portés par le principe de la continuité du service public.

Un mercredi de reprise et de recueillement

Dès ce mercredi, les bureaux rouvriront. Mais ce ne sera pas un jour comme les autres. Entre les dossiers à traiter et le deuil à porter, Dschang entame l'une des pages les plus sombres de son histoire municipale récente. Le défi est désormais de transformer cette douleur en une énergie capable de poursuivre les chantiers entamés par l'illustre disparu.

L'héritage en suspens : Une ville en chantier

L'histoire retiendra de Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou une ambition bâtisseuse démesurée, laissant derrière lui une cité climatique parsemée de projets stratégiques. Élu le 9 février 2020, il a multiplié les fronts pour moderniser Dschang : des mini-barrages hybrides de Lingang et Fotetsa à la dotation d'une nouvelle gare routière, en passant par la construction du Marché des Viandes et de la cité municipale. Le renforcement de la coopération avec des partenaires historiques comme Nantes, Nantes Métropole ou Vasanelo, l’achèvement de la pose des pavés sur l’esplanade de l’hôtel de ville, la structuration des systèmes d'adduction d'eau pour les quartiers non desservis, la rénovation de l’Office de Tourisme, la restructuration des marchés ou encore le lancement effectif de Menoua Beach constituent autant de dossiers brûlants qui attendent désormais son successeur. Pour Dschang, le défi de la continuité administrative se double d'une urgence opérationnelle : transformer ces promesses de béton et d'acier en réalités concrètes pour les populations.

Par Augustin Roger MOMOKANA