En images. Le village Nzinkop a vibré durant trois jours au rythme d’une célébration mémorable. Le patriarche Kenoue Jean, alias « Mo’o Fô », a reçu un hommage à la mesure de sa stature. Entre rituels ancestraux et un déploiement artistique sans précédent, la famille, portée par l'artiste Keno, a transformé ce dernier voyage en une véritable victoire culturelle.
Les idées forces de la célébration :
- Un séisme artistique : Plus de 45 musiciens et humoristes mobilisés spontanément pour soutenir leur confrère Keno.
- L'arsenal de Proto Music : Un podium et une sonorisation de standing métropolitain déployés pour la première fois en zone rurale.
- Héritage et Valeurs : Les quatre leçons de vie du patriarche, entre culte de l'effort personnel et unité familiale.
- Succession assurée : La désignation de Dongo Rostand comme nouveau Mo’o Fô pour garantir la stabilité de la concession.
- Symbiose Traditionnelle : Une présence remarquée de Sa Majesté Fodong Kana II Victor et un festival de danses patrimoniales (Kezah, Azeng, Ako’o, Mendzong).
Nzinkop sous les projecteurs : Le triomphe de la solidarité
L'histoire retiendra que pour le départ du patriarche Kenoue Jean, le ciel de Bafou a grondé sous les décibels d'un « arsenal de guerre » technique. Proto Music a choisi ces obsèques-funérailles pour inaugurer un dispositif scénique d'exception. Sur ce podium, près d'une cinquantaine de talents de la scène nationale se sont succédé, non par contrat, mais par un élan de cœur pour accompagner Keno (ex-Shimita de Johannesburg) dans cette épreuve. Une célébration exceptionnelle pour un « Mo’o Fô exceptionnel » qui laissait toujours ses enfants libres de leurs choix. « Faites comme vous voulez, je serai de tout cœur avec vous ! » Cela explique l’option des obsèques-funérailles.
Les leçons de « Mendeh » : La sueur avant le savon
Au-delà du faste, ce sont les valeurs de cet ancien fonctionnaire du Ministère de l'Agriculture, rappelé à Dieu à 79 ans, qui ont irrigué les discours. Keno se souvient d'un père conseiller, intransigeant sur l'intégrité : « Ne franchis jamais ma porte avec un morceau de savon qui n'est pas le fruit de tes doigts », aimait-il répéter. Il prônait également la communication familiale comme rempart contre les fauteurs de troubles, une force collective qui doit perdurer après son départ à l'âge de 79 ans. Ces leçons de vie feront office de boussole pour la lignée. Des préceptes que la lignée Kenoue s'est engagée à ne jamais trahir.
Le passage de témoin : Dongo Rostand prend les rênes
Le point d'orgue des cérémonies rituelles a été la présentation du successeur. Dans une atmosphère empreinte de solennité, Dongo Rostand a été investi comme le nouveau Mo’o Fô. Malgré son absence physique, son autorité spirituelle est déjà reconnue par ses frères et sœurs, mobilisés pour éviter toute faille dans la concession après le départ de « Mendeh ».
La présence de Sa Majesté Fodong Kana III Victor, le roi des Bafou, a apporté une onction royale à l'événement, tandis que les danses patrimoniales - le Kezah, l’Ako’o des femmes, le mendzon et le majestueux Azeng - ont transformé la concession en un théâtre vivant de la culture Bamiléké.
Une victoire sur le deuil
Pour Keno, si la douleur de la séparation reste vive, le déroulement des obsèques du 19 au 21 février est un soulagement. En respectant l'âme de leur père, les enfants Kenoue ont prouvé que la mort n'est qu'une transition lorsqu'elle est honorée avec une telle dignité. Le patriarche repose désormais en paix, après avoir étanché la soif de culture et de reconnaissance de tout un peuple, porté par les chants de ses pairs et l'amour d'une famille résolue à faire fleurir son héritage.
Message de Gratitude de la Famille
Au terme de ces journées intenses, l’artiste Kéno et l’ensemble de la famille Kenoue tiennent à exprimer leur profonde reconnaissance :
« Seul, on va plus vite, mais ensemble, on supporte mieux le poids de la douleur. Merci à Sa Majesté, merci à la grande famille des artistes, à Proto Music et aux amis venus de partout. Grâce à vous, Papa a regagné la terre de ses ancêtres dans la dignité. Vous avez transformé notre deuil en une victoire mémorable. »
Par Augustin Roger MOMOKANA
La rédaction de Komiaza adresse ses condoléances les plus émues à l'artiste Keno et à toute la grande famille Kenoue. Que le nouveau Mo’o Fô Dongo Rostand trouve la force nécessaire pour porter ce lourd et noble héritage. Que la terre de Bafou soit légère au patriarche Jean Kenoue.







