Le groupement Baleveng, dans l'arrondissement de Nkong-Ni, s'est réveillé sous le choc d'un véritable séisme mémoriel. Le Docteur Ingénieur Simon Nanfa est décédé subitement d’un arrêt cardiaque ce vendredi 25 septembre 2026 à Paris, en France, où il séjournait dans le cadre de ses affaires. Bâtisseur infatigable, icône de la santé naturelle, cet époux et chef de famille accompli laisse un vide abyssal.
Du génie industriel aux centaines d'« enfants Bio Natura »
L'annonce de la mort de celui que ses proches appelaient affectionnément « Petit Simon » a plongé l'ensemble de la communauté dans la sidération la plus totale. Simon Nanfa était une intelligence rare, un génie méthodique du calcul depuis l’école primaire. Ingénieur diplômé en Conception en Électromécanique de la prestigieuse École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY), il fait ses premières armes dans le groupe Fokou Fober, notamment au sein de la SAFCA puis à Alpha Print, avant de choisir la voie de l’indépendance entrepreneuriale.
Il mène plusieurs activités dont des consultations en management et industrielle, fonde d'abord sa propre imprimerie, avant d’atterrir dans le secteur de la médecine alternative en créant le Centre Bio Natura. Sa soif de connaissances l'avait conduit, il y a tout juste moins de deux ans, à soutenir avec brio une thèse de doctorat (PhD) en Health Care Administration à l'Atlantic International University (AIU). Comme s'en souvient avec émotion le patriarche Édouard Kongmeneck, son centre de santé aura permis de vaincre la détresse de nombreux couples : « Que d’enfants Bio Natura nés par centaines ! Ce garçon s'est montré singulier. Non, Simon, ce n’est pas comme ça ».
La Cour royale et la municipalité en larmes
Au-delà de ses succès entrepreneuriaux, le Dr Simon Nanfa était le maître d'œuvre de grands chantiers de la communauté. Sa Majesté Gaston Guemegni, Chef Supérieur Baleveng, a exprimé son immense tristesse au nom de la notabilité coutumière :
« C’est avec une profonde consternation et une immense tristesse que la notabilité et moi avons appris le décès de notre fils, frère élite, le docteur Nanfa Simon. Il était plus d’une élite. Il était un pilier, un bâtisseur infatigable qui a porté haut le flambeau de notre cher groupement. Son engagement pour le développement, sa sagesse lors des conseils et son amour pour notre terre resteront à jamais gravés dans notre mémoire collective. La chefferie supérieure perd aujourd’hui l’un de ses dignes fils dont la valeur est au-delà de nos pensées. Le vide qu’il laisse est immense ».
Le maire de la commune de Nkong-Zem, David Ndongmo, s'est lui aussi incliné devant la mémoire de l'ingénieur de génie : « Le peuple Baleveng pleure un de ses valeureux fils qui a piloté avec amour et doigté la deuxième phase de la construction du palais royal. Tu vas avec tout l’espoir et l’amour que nous portions en toi ».
Cette mort subite frappe le groupement Baleveng en plein cœur d'un agenda historique. Le Dr Simon Nanfa présidait en effet la Commission communication des préparatifs du Trentenaire au trône de Sa Majesté Gaston Guemegni, un événement d’envergure prévu pour février 2027. À ce titre, par ailleurs, il supervisait les travaux de finition de la façade principale du palais et la construction de la tribune d'honneur à la place du marché Baleveng.
Le radar de Komiaza : L'ingénieur est parti, les pierres du palais témoigneront
Komiaza s'incline avec une profonde déférence devant la dépouille du Dr Simon Nanfa. Perdre un tel esprit à l'âge où sa maturité scientifique et entrepreneuriale devait donner sa pleine mesure est une tragédie absolue pour la Menoua et pour le Cameroun. Simon Nanfa incarnait cette élite rare qui ne se contentait pas de briller dans les salons feutrés de Paris ou de Douala ; il transférait son génie directement dans son village natal. De Polytechnique au PhD d'AIU, sa trajectoire est une leçon de persévérance pour la jeunesse de Nkong-Ni.
Le paradoxe de sa mort est d'une cruauté insoutenable. L'homme qui s'activait jour et nuit pour habiller la façade du palais royal et élever la tribune du marché en vue du grand Trentenaire de février 2027 ne verra pas la fête. Il a sculpté le décor du triomphe de son chef, mais l'arrêt cardiaque l'a fauché sur le chemin du retour. C’est le destin des grands bâtisseurs : ils tracent les plans, coulent le béton de la postérité, et s'effacent avant les applaudissements.
Par Augustin Roger MOMOKANA







