En célébrant ses dix ans d'action le 3 septembre 2026, la CASuDev a obtenu l'intégration officielle des organisations de la société civile actives aux cotés de la mairie de Dschang dans l'élaboration du budget participatif communal. Cette annonce forte du maire de Dschang consacre l'écologie de terrain comme un partenaire stratégique de l'exécutif municipal face aux défis de la décentralisation.
L’engagement citoyen a dicté le rythme de la journée du jeudi 3 septembre 2026 à Dschang. En marge des activités du traditionnel « Jeudi propre », la salle des fêtes située au bâtiment annexe en face du Tennis Club, a accueilli la célébration du 10e anniversaire de la Community Association for Sustainable Development (CASuDev). Une décennie d’impact saluée par le maire Émile Temgoua, qui a profité de cette tribune pour annoncer une intégration historique de la société civile dans l'élaboration du budget participatif de la commune.
Le bilan d’une décennie d’ingénierie environnementale
Fondée en 2016, la CASuDev s'est imposée comme un acteur majeur du développement endogène au Cameroun. Sous la houlette de sa coordonnatrice générale, Léa Kenmene — ingénieure agronome diplômée de la prestigieuse Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA) de l'Université de Dschang —, l'organisation déploie ses actions dans les régions de l'Ouest, du Sud et du Sud-Ouest. Son expertise couvre des secteurs cruciaux : la conservation de la biodiversité, le développement rural et l’autonomisation des minorités.
« Nous célébrons les succès, mais en même temps nous méditons sur nos échecs. Des échecs nous apprenons et grandissons », a humblement souligné Léa Kenmene face à un parterre d'élus locaux et de leaders associatifs.
La viabilité financière de l’ONG, soutenue par des guichets internationaux exigeants tels que le WWF, la GIZ ou Idea Wild, a été citée en exemple par le maire. Le Professeur Émile Temgoua a d'ailleurs invité la société civile à structurer une cellule de veille pour capter ces financements extérieurs, tout en annonçant que les Organisations de la Société Civile (OSC) seraient officiellement conviées aux réunions stratégiques du prochain budget participatif de la commune.
Vers une collecte participative des déchets à Dschang
Pour l'exécutif municipal, la société civile doit s'installer durablement comme un moteur d'auto-emploi pour la jeunesse. Le maire a encouragé les associations à territorialiser leurs actions et à s’investir dans le domaine où Dschang fait office de référence nationale : la valorisation des déchets.
« Ce que notre ville a de mieux à partager avec les autres, c’est la gestion des déchets. Nous nous sommes dit qu’il y a la possibilité d’encadrer les OSC à faire la collecte participative des déchets », a révélé le Professeur Émile Temgoua.
Dans cette dynamique de contractualisation, le 4e adjoint au maire, Sanu Éric Lionel Neba, a formulé une exigence de transparence managériale, demandant aux associations partenaires de transmettre systématiquement leurs rapports d’activités aux services municipaux afin de mieux coordonner l'action publique.
La Place de l'Indépendance reverdit et les OSC réclament un incubateur
Preuve que cette synergie ne se limite pas aux déclarations de salon, la matinée a été marquée par la poursuite des chantiers de la « Ville Verte ». Sous la coordination d’Hubert Nangmo, chef du service hygiène et salubrité de la commune, une coalition d'associations comprenant ASHU, ASEL, CASuDev, Green Impact, CEPDEL, DECENTAS, SAGEAS et le média Sinotables.com a lancé l'aménagement paysager de l'espace vert situé à l'arrière de la tribune de la Place de l'Indépendance.
Face à ce déploiement de force citoyenne, les leaders associatifs ont posé des conditions pour accroître leur efficacité. Jackson Le Roi Magbou, président de l'ASEL et président en exercice du Forum des Associations de la Menoua (FORAM), a directement interpellé l'édile de la ville pour la mise à disposition d'un espace de cotravail :
« Nous sollicitons que vous mettiez à notre disposition un petit bureau avec connexion Internet où nous pouvons nous retrouver pour travailler. De nombreuses associations ont la volonté de travailler, mais ne peuvent pas s’offrir un siège physique. »
Cette demande d'un véritable incubateur associatif municipal apparaît comme le prochain défi logistique pour la mairie de Dschang, qui doit capitaliser sur cette citoyenneté agissante pour pérenniser ses infrastructures urbaines.
Par Augustin Roger Momokana







