Le monde de l’éducation au Cameroun est en deuil. Monsieur Tchapnda Emmanuel, professeur des lycées à la retraite et figure académique majeure du département de la Menoua, s’en est allé. Celui que ses proches appelaient affectueusement le « Grand-père increvable » - il avait passé 39 ans d’enseignement au Lycée classique de Dschang- laisse derrière lui le souvenir d’un bâtisseur de destins.
Le co-auteur de « La Clé du Succès »
Pour des générations de collégiens et de lycéens camerounais, son nom reste indissociable d'un monument de l'édition scolaire : la collection « La Clé du Succès ». Co-auteur du précieux manuel consacré à l’apprentissage de l’allemand, Tchapnda Emmanuel a grandement facilité l'accès à la langue de Goethe à travers tout le triangle national.
Pédagogue hors pair, il a exercé ses talents au Lycée classique de Dschang, au Grand Collège de la Menoua, à Menoua Espoir Collège, au Collège Albert Camus, aux cours du soir Oncle Sam, ainsi qu’au lycée de Bameka. Plus tard, il a mis son expertise au service de l'enseignement supérieur en dispensant les cours de phonétique et phonologie de la langue allemande à l’Université de Dschang.
Une vocation qui dictait le choix des élèves
Dans la Menoua, l'aura de M. Tchapnda était telle qu'elle influençait directement les choix d'orientation des élèves. Au moment de choisir leur seconde langue vivante, les enfants optaient massivement pour l'allemand pour avoir la chance de l'avoir comme enseignant, tandis que la série espagnole était portée par son grand ami, M. Lekpa Jean Bernard.
Soucieux d'ouvrir les horizons de la jeunesse vers l'international, il avait également fondé un Centre de Linguistique au cœur de Dschang. Cette structure est devenue le passage obligé pour tous ceux qui préparaient une aventure académique ou professionnelle en Allemagne.
L'hommage à un façonneur d'esprits
Tchapnda Emmanuel s’en va après une vie entière dédiée depuis 1980 — lors qu’il revient fraichement au Cameroun après ses études à l’université de Saarbrücken— au service de l'éducation et de la jeunesse camerounaise. L'annonce de sa disparition suscite une vive émotion chez ses milliers d'anciens élèves et étudiants, aujourd'hui dispersés à travers le monde, qui saluent la mémoire d'un homme qui a profondément façonné leurs trajectoires intellectuelles.
La rédaction de Komiaza adresse ses plus sincères condoléances à sa famille biologique, à ses collègues, ainsi qu'à toute la communauté éducative durement éprouvée par cette perte. Que son âme repose en paix.
Par la rédaction de Komiaza








