Comment prévenir les risques d’inondations à Fokoué ?

Comment prévenir les risques d’inondations à Fokoué ?

#Komiaza.com- La localité de Bandoum dans l’arrondissement de Fokoué a été le théâtre, dans la nuit du 27 septembre 2024, des inondations dont le bilan fait état de nombreuses habitations, infrastructures sociales et plantations dévastées. Installant de nombreuses familles, environs 200 personnes, dans une situation d’urgence humanitaire. Le village Mokot, dans la Commune de Santchou, n’a pas lui aussi été épargné par la furie des eaux.

Cette catastrophe naturelle soulève le débat sur la planification urbaine axée sur la cartographie des zones à risques: inondations ou éboulements. En l’absence de cet outil stratégique les communes demeurent exposées à des risques qui compromettent la sécurité des habitants ainsi que la pérennité des infrastructures.

Stéphane Ndoumi est géographe, Analyste en politique publique locale. Komiaza partage son analyse de la catastrophe survenue à Bandoum.  Selon le spécialiste, les inondations sont un phénomène naturel qui peut être évité de manière durable grâce à une gestion proactive et des mesures appropriées de prévention.

« Le village Mboeng a été particulièrement touché, avec des routes endommagées, isolant des communautés entières et rendant difficile l’intervention des secours. Une cartographie des zones inondables aurait orienté les choix d’aménagement en favorisant des infrastructures adaptés aux conditions hydrologiques locales. » Le spécialiste identifie, par exemple, la construction des digues de protection le long des cours d’eau, l’aménagement des bassins de rétention pour canaliser les eaux de ruissellement. « Cela aurait pu réduire l’impact des inondations (…) de même qu’un système d’alerte précoce, basé sur une cartographie détaillée aurait permis de prévenir les habitants et de les évacuer vers des zones plus sûres. », explique –t-il.

Il convient de relever que les familles ont été surprises en plein sommeil par les inondations. Elles n’ont eu le temps, pour ceux qui avaient de l’énergie, de sauver quelques vêtements. Laissant les eaux en furie emporter leurs provisions alimentaires, les documents d’état civil, les révoltes, etc. Les habitants ne sont pas informées des risques auxquels ils sont exposés où ils habitent. Même si des signes précurseurs auraient pu être identifiés quelques semaines plus tôt par eux, notamment les longues pluies, les montées des eaux des rivières qui ont été observées sans toutefois être considérées comme étant des menaces d’une éventuelle inondation.

Pour Stéphane Ndoumi, « l’identification des zones vertes serait un atout pour le développement harmonieux de Fokoué. Contrairement aux zones jaunes et rouges, les zones vertes exemptes de risques peuvent être aménagées pour accueillir des infrastructures stratégiques  telles que les centres de santé, les établissements scolaires ou les lieux de rencontres à l’instar des marchés », explique l’expert.

Ecrire la cartographie nécessite le concours de tous. Ainsi la mairie doit, au-delà de son service techniques et des consultants, associer les populations locales, les chefs de quartier, les chefs de villages, les organisations de la société civile et les associations à base communautaire « dans le processus d’identification des zones à risque fondée sur leurs connaissances empiriques du terrain », conclue l’expert.

La principale cause des inondations dans la Commune de Fokoué et dans celle de Santchou où les inondations ont également causé d’importants dégâts matériels est la rivière Menoua. Cette rivière joue un rôle central dans l’hydrologie locale et peut causer des inondations. En identifiant les zones inondables le long de cette rivière, la Commune pourrait mieux prévenir les risques et protéger les habitations situées en aval.

Augustin Roger MOMOKANA