Affaire SAPTRANS: un jugement qui condamne…mais qui n’explique rien. Dschang au bord de la fracture

Affaire SAPTRANS: un jugement qui condamne…mais qui n’explique rien. Dschang au bord de la fracture

Suite à la destruction ordonnée du chantier de construction d’un Centre de visite technique automobile par la mairie  de Dschang pour cause d’accidentogènéïté du site, et ce malgré des appels des autorités administratives (préfet, gouverneurs, ministres) à délivrer le permis de construire.

Le 18 mars 2026, le tribunal correctionnel de Dschang condamne le maire Jacquis Kemleu Tchabgou à 6 mois ferme (aménagés en raison de son âge), ses deux principaux collaborateurs à la prison immédiate, et la commune à payer 28,6 millions FCFA à SAPTRANS suite à la destruction controversée d’un chantier de centre de visite technique automobile.

  • Verdict historique ? Oui.
  • Explications claires du juge ? Aucune.

Résultat : rumeurs, colères croisées et fracture profonde dans la population. Pourquoi la justice camerounaise persiste-t-elle à se taire quand ses décisions risquent d’embraser une ville ?

Deux camps, zéro dialogue :

  • Camp 1 : « Le maire protégeait la population d’un site dangereux » 
  • Camp 2 : « Abus de pouvoir pur et simple, destruction illégale à l’aube »

Verdict choc en 5 chiffres :

  •  6 mois ferme (aménagés) pour le maire 
  • 2 mois ferme effectifs pour deux collaborateurs (déjà incarcérés) 
  • 28 595 000 FCFA de dommages-intérêts 
  • 1 435 360 FCFA de frais de justice 
  • 0 ligne d’explication officielle

Le silence qui coûte cher

Dans une affaire qui oppose pouvoir local et investisseurs, autorisations centrales et police municipale, le mutisme du tribunal est une bombe à retardement. Pourquoi ne pas publier au moins un résumé des motifs ? Pourquoi laisser les réseaux et les rumeurs écrire l’histoire officielle ?

Les citoyens méritent mieux qu’un verdict nu. Ils méritent de comprendre. Sinon, la justice ne rend pas la paix : elle la fragmente.

Pourquoi la justice camerounaise persiste-t-elle à se taire ? Qu’en pensez-vous ? Faut-il une loi qui oblige les juges à s’expliquer publiquement dans les dossiers sensibles ?

Les citoyens ne demandent pas l’impunité, ils demandent la clarté. Une courte note motivée, accessible en ligne, aurait suffi à désamorcer une partie des tensions. Tant que la justice camerounaise restera dans son palais sans s’adresser au public, chaque verdict sensible produira plus de divisions que de justice. Il est temps d’exiger une loi qui oblige les tribunaux à expliquer – au moins sommairement – les décisions qui engagent l’argent public et la paix sociale.

Augustin Roger MOMOKANA