JIP 2026 à Dschang : L’AFUDL et Breaking Ground arment la jeunesse contre la violence et les infox.

JIP 2026 à Dschang : L’AFUDL et Breaking Ground arment la jeunesse contre la violence et les infox.

Ce lundi 21 septembre 2026, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang est devenue le sanctuaire de la promotion de la cohésion sociale à l'occasion de la 45e Journée internationale de la paix. À l’initiative de l’Association des femmes pour le développement local (AFUDL), portée par le soutien stratégique de l'organisation Breaking Ground, un atelier de formation d'envergure a mobilisé une jeunesse universitaire et associative massive. Axée sur le thème mondial « Investir dans la paix – Pour tous, partout, chaque jour », cette 4e édition locale a tracé une feuille de route concrète pour transformer la jeune génération en actrice de paix, opposant le dialogue inclusif au cyber-harcèlement et à l'illusion de l'émigration clandestine.

Écrans toxiques et foyers en crise : Le diagnostic des experts

Le panel d’experts réuni à Dschang a abordé de front les mutations sociologiques complexes qui fragilisent le Cameroun contemporain. Sous la coordination de M. Jean Pierre Kenfack (juriste et président d'ASHU), de Mme Nadiane Tsopbeng Djinon (représentante du MINPROF) et de Mme Ngo Bog Homb Thérèse, l’assistance a été édifiée sur les passerelles indispensables entre l'harmonie domestique et la stabilité nationale.

Les échanges ont mis en lumière deux goulots d'étranglement majeurs :

- La fracture numérique et la violence virtuelle : Les réseaux sociaux sont trop souvent détournés pour devenir des espaces de stigmatisation, de cyber-harcèlement, de diffamation et de propagation de fake news. Pour les panélistes, ces violences digitales se répercutent directement dans le monde réel en érodant la cohésion sociale.

- Les mutations conjugales : Face à l’explosion des violences au sein des couples, la seule issue réside dans un dialogue inclusif et permanent. Rompre le silence en famille est la clé pour désamorcer les incompréhensions avant qu’elles ne dégénèrent en drames domestiques.

FACTEURS DE RISQUE (La menace sur la cohésion)            

Cyber-harcèlement + Fake news + Violences conjugales        

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       LE CHOC DES ENGAGEMENTS

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DEVISES DE LA CO-CRÉATION (L'atelier pratique)             

➔ Groupe A : 10 Recommandations pour les foyers de paix    

➔ Groupe B : Charte du jeune acteur numérique de la paix    

➔ Groupe C : 3 Projets d'inclusion et de développement local

Le protocole de l'activisme local : L'alternative au mirage canadien

L’un des moments forts de cette journée de solution a été le témoignage de l'animatrice Ngo Bog Homb Thérèse. Titulaire d’un cursus initial en biochimie, elle a choisi d’intégrer parallèlement le club environnement de l’Université de Dschang, poursuivant ensuite ses études jusqu'en Master à la Faculté de médecine. En multipliant les formations et stages, elle s’est forgé une place de premier choix au sein de la société civile.

Ce parcours d'élite démontre qu'un engagement associatif rigoureux constitue une alternative crédible au fatalisme : il lui a évité de prendre des décisions radicales comme émigrer vers le Canada ou faire indéfiniment les pieds de grue dans les couloirs des administrations publiques pour espérer un recrutement. Le développement local est un gisement d'opportunités pour la jeunesse qui ose entreprendre sur place.

Répartis en trois ateliers de 15 personnes, les participants ont traduit ces orientations en livrables opérationnels : le Groupe A a produit dix recommandations strictes pour pacifier les foyers ; le Groupe B a rédigé la charte officielle du jeune acteur de la paix sur les réseaux sociaux ; tandis que le Groupe C a conçu trois projets communautaires inclusifs.

L'inclusion au cœur de la paix : Le plaidoyer des leaders

Clôturant les travaux, M. Paul Zangue, coordonnateur de Breaking Ground, a exprimé sa satisfaction face à la forte participation des personnes vivant avec un handicap, élevant l'inclusion au rang de condition non négociable de la stabilité. Il a enjoint les participants à se muer en véritables ambassadeurs de la paix, de la cellule familiale aux campus universitaires.

La présidente de l’AFUDL et figure emblématique de la société civile de la Menoua, Mme Belgerelle Tsopmo Zandzi, a quant à elle sonné la charge contre l'indifférence ambiante : « Une société de frustration ne peut pas garantir la paix. La paix doit être le combat de tous, à chaque instant et partout. » En rappelant que la jeunesse ne doit pas fermer les yeux face aux atteintes à la cohésion nationale, l'AFUDL et Breaking Ground ont prouvé que Dschang n'attend pas les décrets pour bâtir ses propres remparts contre la crise.

Par Augustin Roger Momokana

Album photos/Momokana