« L’école ne peut pas tout faire : les 10 responsabilités des parents qui peuvent changer l'avenir d'un enfant. »
Un enfant peut avoir de bons enseignants, des livres, une école correcte et pourtant rencontrer de grandes difficultés. Pourquoi ? Parce que la réussite scolaire ne se construit pas seulement en classe.
Elle se construit aussi à la maison, dans les habitudes quotidiennes, dans le sommeil, dans l’attention, dans la discipline, dans la confiance et dans le regard que les parents portent sur l’école.
L’école a une responsabilité immense. L’État aussi. Les enseignants également. Mais les parents ont eux aussi une part essentielle à jouer.
1. S'INTÉRESSER RÉELLEMENT À CE QUE L'ENFANT APPREND
Demander seulement : « Tu as eu combien ? » ne suffit pas. Il faut aussi demander :
— Qu’as-tu appris aujourd’hui ?
— Qu’est-ce que tu as compris ?
— Qu’est-ce qui t’a semblé difficile ?
— As-tu un devoir à préparer ?
— As-tu besoin d’aide ?
Un enfant comprend très vite si ses parents s’intéressent réellement à sa scolarité. Et cet intérêt peut renforcer sa motivation.
2. CONTRÔLER LES DEVOIRS SANS FAIRE LES DEVOIRS À SA PLACE
Aider ne signifie pas remplacer.
Un parent peut :
— vérifier que le travail est fait,
— relire une consigne,
— faire réciter une leçon,
— poser quelques questions,
— encourager l’enfant à chercher.
Mais faire les exercices à sa place ne l’aide pas. Cela lui retire au contraire une partie de son apprentissage. L’objectif est de développer progressivement son autonomie.
3. PROTÉGER LE SOMMEIL
Un enfant fatigué apprend moins bien.
C’est aussi simple que cela.
Téléphone tard le soir, télévision jusqu’à une heure avancée, jeux vidéo, discussions interminables : tout cela peut réduire fortement la qualité du sommeil.
Or un enfant qui dort mal peut avoir plus de difficultés à :
— se concentrer,
— mémoriser,
— écouter,
— maîtriser ses émotions.
Le sommeil n’est pas du temps perdu.
C’est une partie de l’éducation.
4. LIMITER LES ÉCRANS
Le problème n’est pas seulement la technologie. Le problème est le temps qu’elle prend à autre chose. Deux ou trois heures passées sur TikTok, YouTube, les jeux ou les réseaux peuvent être deux ou trois heures en moins pour :
— lire,
— discuter,
— dormir,
— réviser,
— faire du sport,
— développer sa créativité.
Il ne faut pas nécessairement interdire.
Mais il faut fixer des règles.
Un enfant ne peut pas être son propre régulateur numérique à 7, 10 ou 12 ans.
5. FAIRE DE LA LECTURE UNE HABITUDE
Quelques minutes de lecture chaque jour peuvent produire des effets considérables sur plusieurs années.
Lire développe :
— le vocabulaire,
— la compréhension,
— l’imagination,
— l’expression écrite,
— la capacité de concentration.
Même dans un foyer avec peu de moyens, on peut encourager la lecture avec des livres scolaires, des bibliothèques, des textes imprimés ou des contenus éducatifs gratuits. Le plus important est la régularité.
6. APPRENDRE À L'ENFANT LA DISCIPLINE
Un enfant ne peut pas réussir durablement uniquement grâce à la motivation. Il doit aussi apprendre à faire certaines choses même quand il n’en a pas envie.
Préparer son cartable.
Faire son exercice.
Apprendre sa leçon.
Se lever à l’heure.
Respecter une consigne.
Ranger ses affaires.
La discipline quotidienne construit progressivement l’autonomie. Et cette autonomie servira bien au-delà de l’école.
7. NE PAS HUMILIER L'ENFANT QUAND IL ÉCHOUE
Dire : « Tu es nul. »
« Tu ne réussiras jamais. »
« Regarde ton frère, lui au moins travaille » peut laisser des blessures profondes. Une mauvaise note doit devenir une question :
Pourquoi ?
Manque de travail ?
Leçon mal comprise ?
Fatigue ?
Difficulté particulière ?
Problème dans la classe ?
On corrige un comportement.
On ne détruit pas l’estime de soi d’un enfant.
8. PARLER AVEC LES ENSEIGNANTS
Certains parents ne découvrent un problème qu’au moment du bulletin. C’est parfois trop tard. Lorsque c’est possible, il faut maintenir un minimum de dialogue avec l’école. Pas pour contester systématiquement l’enseignant. Pas non plus pour accepter aveuglément tout ce qu’il dit. Mais pour comprendre.
L’éducation fonctionne mieux lorsque parents et enseignants se parlent au lieu de se considérer comme des adversaires.
9. DONNER L'EXEMPLE
On ne peut pas demander à un enfant d’aimer apprendre si, à la maison, tout apprentissage est présenté comme une corvée. Les enfants observent énormément. Ils voient si les adultes :
— lisent,
— se renseignent,
— discutent intelligemment,
— respectent les horaires,
— tiennent leurs engagements.
L’exemple quotidien vaut parfois davantage que de longs discours.
10. CROIRE DANS LE POTENTIEL DE SON ENFANT
Tous les enfants ne progressent pas au même rythme. Certains sont excellents très tôt. D’autres ont besoin de davantage de temps. Certains seront très bons en mathématiques. D’autres en langues, en sport, en technique, en art ou dans les relations humaines.
Le rôle des parents n’est pas de fabriquer un enfant identique à celui du voisin. C’est de l’aider à développer au maximum ses propres capacités.
MAIS ATTENTION : TOUT NE REPOSE PAS SUR LES PARENTS
Il serait profondément injuste de leur faire porter seuls la responsabilité de l’échec scolaire. L’État doit fournir :
— des écoles dignes,
— des enseignants suffisamment nombreux,
— une formation de qualité,
— du matériel,
— des programmes adaptés,
— des classes dans de bonnes conditions.
Les enseignants doivent pouvoir exercer correctement leur métier. Et les familles les plus modestes doivent être accompagnées. Certaines travaillent énormément. Certaines ne maîtrisent pas suffisamment la langue scolaire. Certaines n’ont ni livres, ni ordinateur, ni espace calme pour les devoirs. Il faut donc éviter deux erreurs : tout attendre de l’école, ou tout mettre sur le dos des parents.
LA RÉUSSITE D'UN ENFANT EST UNE CHAÎNE
L’enfant.
Les parents.
Les enseignants.
L’école.
L’État.
La communauté.
Si un seul maillon se fragilise, les autres doivent essayer de compenser. Mais si tous les maillons fonctionnent ensemble, les chances de réussite augmentent considérablement.
Un parent n’a pas besoin d’être riche pour accompagner son enfant. Il n’a même pas besoin d’avoir fait de longues études. Il peut déjà faire énormément avec : du temps, de l’attention, des règles, des encouragements, de la régularité.
« Le premier soutien scolaire d’un enfant n’est pas toujours un professeur particulier. C’est souvent un adulte qui s’intéresse chaque jour à ce qu’il devient. »
Par Darchari MIKIDACHE
À propos de l'auteur
Darchari Mikidache est économiste-fiscaliste et Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC). Il dirige également l'ONG USHABABI WA MESO INTERNATIONAL (Jeunesse et Avenir). Reconnu à l'échelle internationale pour ses chroniques sur le développement de l'Afrique, le leadership et la motivation, il figure depuis 2016 parmi les personnalités influentes du Gotha Noir d'Europe.
Pour découvrir son Site son officiel : www.darcharimikidache.com







