En politique, l’exercice du pouvoir s'accompagne inévitablement de critiques acérées. Malgré son rang de premier sur 44 communes dans la région de l'Ouest pour l'exécution du Budget d'Investissement Public (BIP), le maire de Nkong-Zem, David Ndongmo, fait face à la fronde d'une partie de ses administrés. En marge de la conférence ad-hoc de la section RDPC Menoua Nord le 23 août, l’édile a fermement défendu ses réalisations de 2026, mettant en avant une transformation routière majeure financée par l'État.
L'offensive du maire : Des infrastructures pour désenclaver Bafou
Pour David Ndongmo, les accusations de mauvaise gestion proférées par certains conseillers municipaux ne résistent pas à la réalité du terrain. Le maire s’est positionné en maître d'ouvrage comblé sur l’axe bitumé reliant la chefferie Bafou au lycée de Bafou, via le quartier Mbeng. Ce projet, initié en 2025 avec l'appui du ministère des Travaux publics, a été réceptionné en avance sur les délais contractuels et attend son inauguration officielle.
S'exprimant sur l'impact de ces chantiers, David Ndongmo n'a pas tari d'éloges envers le sommet de l'État :
« Ce projet est un don du chef de l’État pour la commune de Nkong-Zem. Il résout le problème de désenclavement et ouvre une nouvelle ère en facilitant l’évacuation des biens et la mobilité des personnes, alors que toutes nos routes étaient en terre. Nkong-Zem est l'une des filles aînées du chef de l'État. Outre ce chantier, l’axe Mairie – Mezet est en cours de bitumage, et des avancées notables sont enregistrées dans l’hydraulique et l’électrification. »
Bénéficiant des leviers de la décentralisation, la municipalité a également investi dans des Activités Génératrices de Revenus (AGR) et s'est dotée d'un parc d'engins lourds comprenant une pelle chargeuse, une niveleuse et, très récemment, un camion triple benne pour entretenir son réseau routier.
Le déséquilibre territorial : Bafou rit, Baleveng pleure
Cependant, derrière cette apparente réussite comptable se cache une fracture politique et géographique interne profonde. La commune de Nkong-Zem est constitutionnellement assise sur deux piliers traditionnels : le groupement Bafou et le groupement Baleveng. Or, l'observation de la carte des investissements routiers laisse apparaître un déséquilibre flagrant au profit exclusif de Bafou.
Pendant que Bafou célèbre ses voies bitumées et gravillonnées, Baleveng se sent marginalisé et abandonné à son triste sort. Le symbole de ce calvaire est l'axe mythique de Nko'o Soh. Cette route essentielle est devenue totalement impraticable depuis le décès du patriarche Jean Toko en 1997. Près de trente ans d'un enclavement sévère que les promesses municipales peinent à soulager, malgré les assurances du maire selon lesquelles le dossier de bitumage de Nko'o Soh serait « en bonne voie » auprès du ministre des Travaux publics.
Le piège de la division politique
Le maire David Ndongmo doit rapidement prendre conscience de la portée de ce mécontentement territorial. En politique locale, comme le veut l'adage, le menuisier ne saurait fabriquer des chaises pour les vendre à l'extérieur tout en oubliant que sa propre demeure en est dépourvue.
Gouverner Nkong-Zem exige une équité distributive rigoureuse entre ses deux composantes historiques. Si le bitumage de Nko'o Soh n'est pas matérialisé à court terme, la colère légitime de Baleveng risquerait de fragiliser durablement la cohésion de l'exécutif municipal et de transformer ce brillant bilan technique en un abcès de fixation politique pour la commune.
Par Augustin Roger Momokana







