En images : l’humilité et l’altruisme de maman Nguemo Lucienne célébrés à Fokamezo.

En images : l’humilité et l’altruisme de maman Nguemo Lucienne célébrés à Fokamezo.

#Komiaza.com - Une chanson des femmes dit : « tout le monde va mourir. Mais tout le monde n’aura pas droit aux mêmes obsèques. La dimension de notre deuil dépendra de notre vie et de la qualité de nos amis », a relevé le chef du village Fokamezo samedi 5 octobres lors de la cérémonie  d’enterrement de maman NGUEMO Lucienne, veuve LETSADJIO.

Par Augustin Roger MOMOKANA

« Je tiens à remercier tous mes amis et mes partenaires pour leur grande mobilisation à l’occasion des obsèques de notre mère, maman NGUEMO Lucienne. Que chacun de vous trouve en ce partage l’expression de notre infinie gratitude et de notre reconnaissance. Seule, notre famille n'aurait pas pu tenir» : message de KANA LETSADJIO Chamberlain, dit Foka Construction, à l’issue des obsèques consacrées à sa mère, veuve LETSIDJIO.

Née vers 1940 de Mooh SAAH TSA et de NGUIMEKEM Simone et envoyée en mariage chez LETSADJIO Samuel, maman NGUEMO Lucienne est décédée le 4 août 2024 des suites de maladie à l’âge de 84 ans, laissant plusieurs enfants et petits-fils. Au cours de son séjour terrestre, l’épouse de feu LETSADJIO Samuel a marqué sa communauté à plusieurs titres :

D’abord, elle est la toute première patiente que le médecin gynécologue Dr Paul KANA, par ailleurs roi des Bafou, a pris en charge dès son retour au Cameroun après ses études de médecine en France. Celle qui avait déjà totalisé neuf ans de mariage sans enfanter est ainsi devenue mère. Ce qui a convaincu plusieurs époux d’envoyer leurs femmes consulter le jeune gynécologue.

Ensuite, de DONGHO Ferdinand, fils ainé de maman NGUEMO Lucienne, l’on apprend que, « ma mère m’a beaucoup torturé pendant mon enfance. Vous m’imaginez portant un casier de Top du marché de Dschang jusqu’ici, l’accompagnant dans tous les marchés. Puis, un jour, elle me remet 2000 FCFA de frais de transport pour aller m’installer à Douala. Elle ne m’a pas donné le nom de la personne qui allait m’accueillir à Douala. A cette époque-là, il y avait un adage qui disait qu’un enfant ne peut pas se perdre là où il y a les gens. C’était vrai. Je suis parti pour me libérer des corvées qu’elle m’imposait. Et arrivé à  Douala, je me suis placé quelque part pendant des heures, avant de voir passer quelqu’un que j’ai reconnu quand j’ai reconnu. Je l’ai appelé et il s’est arrêté. Je lui ai donné les noms de mes parents et il m’a amené chez lui », explique-t-il.

Enfin maman NGUEMO Lucienne a incarné l’humanisme à travers son sens du partage et l’amour de l‘autre. Des valeurs qui faisaient d’elle une femme très respectée dans le village. Ces mêmes valeurs, elle les a transmises à ses enfants, faisant  d’eux des enfants bien éduqués, travailleurs acharnés, respectueux, humbles, dotés d’un sens d’écoute et de partage éprouvé, et portés par la crainte du Dieu.

D’ailleurs, le chef du village a exhorté l’assistance à copier ce bel exemple, exprimant la gratitude de son village à toutes les personnes qui ont accueilli et guidé les pas des enfants de maman NGUEMO Lucienne à Douala. Grâce à leur hospitalité et à leur générosité, ces enfants sont devenus des personnes respectées pour leur famille et des phares pour le village.

Cette femme Maman était cultivatrice et commerçante à la fois. Elle vendait le fil à tresser au marché de Bamendou 1, rentrait avec les féculents de taro qu’elle va revendre au marché de Dschang d’où elle ramenait un casier de 33 qu’elle vendra ici à la maison. Ce faisant, elle venait en soutien à son époux dont tous les projets reposaient sur sa récolte de café. En soutenant financièrement son époux, maman NGUEMO Lucienne a largement contribué à faire des enfants LETSADJIO de citoyens respectables et respectés dans la famille et dans leurs milieux d’affaires.

Ces enfants le leur rendent bien car,  ils n’ont lésiné sur aucuns moyens pour que la célébration de la vie de leur génitrice corrobore non seulement leur réussite sociale, mais la grandeur d’âme, l’humilité, le sens du partage et l’amour qu’elle a incarné durant ses 84 ans de vie terrestre.

Plusieurs invités de marques dont le chef du village Fokamezo, Sa Majesté TSIGUIA Aliancea, et ses nombreux pairs, des présidents directeurs généraux de sociétés, des élites du village. Tous ont rehaussé de leur présence l’éclat de ces obsèques dont l’une des particularités a été la forte participation des artistes lors de la grande veillée vendredi, sans oublier le match de gala disputé au Stade Wembley par Fokamezo FC vs Vétérans Douala (1-1).

Selon les témoignages concordants des orphelins, admiratifs des amies et coépouses de la défunte, désolés des belles-filles et des petits-fils, aucune économie de moyens n’a été faite pour assurer le bien-être de maman au cours des dix-huit dernières années, période au cours de laquelle son état de santé est devenu chancelant.

D’ailleurs, il n’en aurait été autrement car ne dit-on pas que, « témoignez-moi votre amour pendant que je suis encore en vie. N’attendez pas ma mort pour m’offrir un  cercueil en or, pour faire appel au service traiteur le plus connu du pays, occupez-vous bien de moi et vous m’auriez fait honneur », une parole du célèbre musicien Longuè Longuè sur laquelle le révérend pasteur DADJIO Robert Honoré de la paroisse EEC de Batsengla s’est appuyé pour passer son message. En passant, il a dans la même foulée dénoncé ces enfants qui prétextent de la crise économique et du manque de temps pour « confier et abandonner leurs parents aux maisons de retraite ». Ce qui ne fait pas partie de notre culture africaine. 

Avant de s’en aller, maman NGUEMO Lucienne n’a pas dérogé à la tradition. Pour assurer sa succession, elle a jeté son dévolu sur KANA LETSIDJIO Chamberlain. Le Pdg de Foka Construction a le profil de la charge. Il devra assumer son nouveau statut de «Mama Nguemo» tant dans sa famille d’origine que chez son mari. Parce qu’il hérite du nom, de la chaise et des responsabilités d’une personne pour qui la communauté voue un respect implacable. Pour ce faire il aura besoin du soutien de son épouse qui remercie le Ciel de lui avoir donné « une belle-mère qui n’est pas compliquée, qui vous voit comme son propre fils ». « Je l’ai beaucoup soutenu depuis la survenu du décès de mami Lucienne. Elle nous manquera beaucoup, mais nous allons apprendre à vivre sans elle.»

Une mention spéciale au comité d’organisation qui aura tout donné pour assurer le succès de cet événement qualifié d’exceptionnel à Fokamezo. M. KENFACK, alias « Didier Drogba enfant aimé de Chelsea » salut l’engagement des membres de l’équipe qui ont donné de leur volonté et de leur temps au nom de l’amitié avec la famille. Parmi les membres de cette équipe au four et au moulin se trouvait le Pdg du Groupe SOFOTOU pour veiller sur les invités de marque.

Certains témoignages faits dans lors des obsèques doivent nous aider à changer. Il y en qui n’ont pas conscience que leur geste, aussi modeste soit-il, pourrait changer le destin d’une personne.

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