Énergie et pouvoir d’achat : Le plaidoyer des "Verts" pour conquérir la Menoua.

Énergie et pouvoir d’achat : Le plaidoyer des "Verts" pour conquérir la Menoua.

Le 23 août 2026 à Dschang, Éric Ngueguim, président du Parti Écologique du Cameroun (PEC), a présenté sa feuille de route pour les élections dans la Menoua, axée sur la justice sociale, la fiscalité réduite et la transition énergétique. Expert en énergies renouvelables, il vise à conquérir des sièges locaux pour transformer l'écologie politique en réalité face aux enjeux du quotidien et aux délestages.

C’est une véritable école politique qui s’est déployée dimanche 23 août 2026 au Jardin des Arts Djoumessi Mathias à Dschang. Le président national du Parti Écologique du Cameroun (PEC), Éric Ngueguim, y a rencontré ses militants, les sympathisants et les journalistes dans le cadre d’une causerie politique interactive. Pendant près de deux heures, le leader des « Verts » a décliné les idéaux de son parti et les enjeux de son positionnement pour les prochaines échéances législatives et municipales dans la Menoua.

L'écologie politique : Un projet de justice sociale face aux inégalités

Pour le PEC, l'écologie dépasse la simple préservation de l'environnement : « L’écologie, c’est la vie ! C’est une autre façon de faire de la politique en mettant l'homme et le bien-être humain au centre de nos décisions ». Ce déplacement s'inscrit dans une logique de reconquête territoriale, impulsée sur le terrain par la déléguée départementale du parti, Madame Nguimeya. Éric Ngueguim a d'ailleurs clarifié ses ambitions : « Je suis originaire de la Menoua, personne ne peut me retirer cette qualité, et je suis candidat aux élections municipales et législatives ici. Je ne saurais prôner l’écologie au niveau mondial sans penser à mon terroir d'origine ».

Pour illustrer le concept de justice sociale, l'orateur a ciblé la fiscalité quotidienne, notamment le coût du timbre fiscal fixé uniformément à 1 500 FCFA. Le PEC propose de ramener ce tarif à 500 FCFA pour la majorité précarisée, arguant que si l'infime minorité fortunée paie cette somme sans peine, elle représente une barrière d'exclusion pour la masse qui vit avec moins de 1 500 FCFA de revenu quotidien. En se définissant comme le parti des oubliés et des faibles, le PEC entend briser les barrières administratives qui étouffent l'épanouissement citoyen.

Transition énergétique, ancrage mondial et clarté républicaine

L'autre grand pilier de l'échange a porté sur l'urgence d'une politique énergétique nationale pour éradiquer définitivement les délestages qui plombent l'industrie et l'économie du Cameroun. Expert mondial des énergies renouvelables et membre de la diaspora ayant répondu à l'appel du Chef de l'État à venir participer au développement du pays, Éric Ngueguim veut faire entrer des députés verts à l'Assemblée nationale et conquérir des mairies pour imposer cette transition technique. De plus, en tant que parti à valeur internationale, le PEC bénéficie d’un élan de solidarité planétaire, conférant aux projets locaux de Dschang la même valeur qu’à Paris.

Interrogé sans détour par l'assistance qui voulait savoir si le Parti Écologique ne serait pas une entité satellite à la solde du RDPC, Éric Ngueguim a répondu sans ambages : « Nous ne sommes pas là pour faire la chasse à un parti politique, mais pour conquérir les mairies et des sièges au parlement afin de faire de l'écologie politique une réalité au Cameroun ». Conscient que sans adhésion populaire son message restera lettre morte, il a exhorté chaque participant à devenir un ambassadeur du PEC et à se mobiliser massivement auprès d'ELECAM avant la clôture des inscriptions fixée au 31 août, tout en rappelant que les listes du parti restent ouvertes aux nouvelles adhésions.

Le radar de Komiaza : Les Verts au tableau des réalités de la Menoua

Le radar de Komiaza salue la fraîcheur doctrinale apportée par le Parti Écologique du Cameroun dans l'arène politique de la Menoua. Entendre un discours qui lie le prix du timbre fiscal au panier de la ménagère et propose des solutions techniques aux coupures d'électricité récurrentes change des traditionnelles guerres d'ego et des distributions de gadgets électoraux. L'engagement d'Éric Ngueguim, intellectuel de la diaspora, prouve que l'on peut répondre à l'appel du pays pour le développement tout en choisissant les rangs de l'opposition pour combattre démocratiquement le régime en place.

Cependant, le radar reste lucide face au défi de l'implantation. Le PEC est une formation politique vieille de plus de dix ans qui peine encore à transformer sa sympathie intellectuelle en sièges d'élus. Affirmer que l'on est le parti des "faibles" majoritaires est une formule efficace, mais dans la Menoua, ces faibles votent encore sous le diktat des réseaux traditionnels ou s'abstiennent par dépit. La mise au point du président sur son indépendance vis-à-vis du RDPC était donc indispensable pour lever le scepticisme ambiant.

Le véritable test pour l'équipe d'Éric Ngueguim ne se jouera pas à l'ombre du Jardin des Arts, mais dans sa capacité à traduire son discours sur les énergies renouvelables en projets communautaires palpables. Si l'écologie bénéficie d'une solidarité internationale, elle doit d'abord prouver sa valeur locale dans les quartiers enclavés de Dschang. À sept jours de la fermeture des listes d'ELECAM, l'appel aux urnes est crucial. Les Verts ont une semaine pour convaincre la population de relayer leur message et de transformer ces théories de justice sociale en bulletins de vote concrets.

Par Augustin Roger MOMOKANA