Une nouvelle page de l’histoire du Syndicat des Communes de la Menoua (SYCOME) s’est ouverte ce lundi 10 août 2026. À l’issue d’une session du conseil syndical, Adrienne Paule Demenou Tapamo a été plebiscitée (16 voix par les 16 votants) présidente de l’organisme. Succédant à Paul Dongue, la nouvelle patronne de l'intercommunalité a immédiatement douché les habitudes de léthargie en imposant un ton d'une fermeté absolue.
Un nouveau directoire plébiscité à la préfecture de Dschang
C’est la salle des réunions de la préfecture de Dschang qui a servi de cadre à ce scrutin décisif, sous la présidence du préfet du département de la Menoua, Itoe Peter Mbongo. Les maires du département ont accordé leur confiance à l’actuelle édile de la commune de Fokoué pour conduire les destinées de cette structure intercommunale.
Pour l'épauler dans ses nouvelles fonctions, le conseil syndical a porté son choix sur François Ngoubene, maire de la commune de Santchou, qui occupera désormais le poste de vice-président du SYCOME.
Du côté de la gouvernance sortante, ce basculement s'opère dans la régularité institutionnelle. Le mandat du président Paul Dongue étant arrivé à son échéance réglementaire, ce dernier passe le témoin afin de se consacrer exclusivement au développement de sa propre municipalité, la commune de Fongo-Tongo.
Le grand avertissement de la présidente : « Soyez clairs ! »
Aussitôt élue, Adrienne Paule Demenou Tapamo a jeté un véritable pavé dans la mare en s'adressant au conseil syndical. Loin des discours protocolaires lisses, l'édile de Fokoué a mis en garde les mairies partenaires et le personnel du SYCOME en érigeant la transparence comptable comme condition non négociable de sa collaboration :
« Certains me connaissent, d’autres peut-être pas. Je regarde beaucoup les chiffres. C’est ma déformation professionnelle. Donc, présentez-moi bien vos choses. Je n’ai travaillé que dans les chiffres, dans la gestion. Si vous voulez qu’on s’entende, soyez clairs. Si vous n’êtes pas clairs, je vais venir voir le préfet pour lui dire que je ne comprends pas… voilà ce que je vois, voilà ce que je pense. Soyez clairs ! »
Rappelant son passé managérial rigoureux au sein de l'administration des Impôts et à la tête de la mairie de Fokoué, la nouvelle présidente a sommé tout le monde de s'arrimer à sa méthode de travail : « Le bon travail n’empêche pas quelqu’un de vivre. Il faut bien faire le travail. Je vous prie d’entrer dans ce nouveau wagon, parce que le grand train est celui du développement de la Menoua. Le wagon 2 qui est le mien, je vous prie d’y accéder et d’être très très rigoureux. »
Le défi des grands chantiers : Sortir de la léthargie administrative
Cette démonstration de force s'avère indispensable pour secouer un organisme qui n’a pas, à proprement parler, posé d’actions d’éclat depuis sa création en 2020. Le SYCOME fait face à des blocages structurels profonds que la nouvelle équipe devra résoudre de toute urgence :
- Le projet ECOSAME (Économie Circulaire et Salubrité de la Menoua) : Ce programme majeur dédié à l'assainissement durable et à la gestion écologique des boues de vidange a jusqu'ici buté sur de lourdes lenteurs administratives et techniques. Ces blocages sont notamment imputés à la commune de Dschang, qui doit contractuellement accueillir la future station de traitement des boues de vidange.
- L'infrastructure physique : Le projet de construction de l'immeuble siège du SYCOME est quant à lui totalement paralysé, faisant face à un problème crucial de recherche de financements.
L’enjeu de ce nouveau mandat sera de transformer le SYCOME en un véritable outil opérationnel. La rigueur financière affichée par la nouvelle présidente sera le levier nécessaire pour fédérer les ressources des six municipalités et donner enfin de la cohérence à l'action départementale face aux partenaires internationaux.
Par Augustin Roger Momokana (avec Michel Jotsa officiel)







