Mairie de Dschang – Assainissement : coup de poing à Ngui et Siteu pour massacrer l’insalubrité.

Mairie de Dschang – Assainissement : coup de poing à Ngui et Siteu pour massacrer l’insalubrité.

Le mardi 4 août 2026 restera comme une journée de libération pour les riverains et les ouvriers des sites de traitement des déchets de la commune de Dschang. Une vaste opération de salubrité publique a été déployée pour désengorger la plateforme de compostage de Ngui et la décharge municipale de Siteu, asphyxiés par des mois d'accumulations. Menée sous la direction du Professeur Émile Temgoua, cette action de résilience qui pose le débat de la confiscation des taxes locales par Yaoundé, analysée par le radar de Komiaza.

L'exécutif municipal passe de la parole aux actes sur le front de la salubrité urbaine. La journée du 4 août 2026 a été consacrée à une vaste opération de nettoyage et de restructuration de la plateforme de compostage de Ngui et de la décharge municipale de Siteu. Un soulagement immense pour les travailleurs de l'AMGED et les populations riveraines, asphyxiés depuis de longs mois par l'accumulation des ordures.

Une bouffée d'oxygène pour les composteurs et les riverains

À la plateforme de compostage de Ngui, l'intervention est venue mettre fin à un calvaire sanitaire devenu insoutenable. L'opération a consisté à débarrasser le site des déchets résiduels et des refus de tri non biodégradables qui bloquaient l'activité. Cette accumulation menaçait directement la santé des ouvriers et empestait tout le voisinage. Dès 5h30 du matin, les engins lourds ont pris d'assaut le site sous les félicitations des habitants de la zone, soulagés par la disparition progressive des mauvaises odeurs et la destruction des foyers de moustiques.

Le responsable de la plateforme de Ngui n'a pas caché sa gratitude : « Ça fait un an que nous sommes encombrés et étouffés par les refus. Notre rôle est de décanter la matière organique, mais les résidus stagnaient ici au lieu d'être évacués. Aujourd’hui, l'encombrement n’y est plus et nous disons un grand merci à la commune ».

À quelques kilomètres de là, sur le site de Siteu, l'action s'est concentrée sur le nettoyage en profondeur de la décharge municipale. Les montagnes de déchets ont été étalées et compactées afin de libérer de l'espace pour les prochains mois et de fluidifier le mouvement des camions qui transportent les refus de tri.

Une logistique lourde sous le signe de la résilience

Pour piloter ce déploiement, l’exécutif municipal, sous la houlette du maire, le Professeur Émile Temgoua, a dû mobiliser d'importants moyens techniques sous la supervision de Félix Simeu, directeur de l’Agence Municipale de Gestion des Déchets (AMGED). Faute d'un parc automobile public fonctionnel, la municipalité a été contrainte de louer deux pelles excavatrices et trois camions-bennes auprès de prestataires privés.

Il faut rappeler que ces opérations "coup de poing" pèsent lourdement sur le budget de Dschang. La commune panse encore les plaies de la crise post-électorale de 2025, au cours de laquelle ses camions à compactage et sa flotte de tricycles de ramassage avaient été entièrement incendiés par des manifestants.

Le radar de Komiaza : Le grand paradoxe d'une décentralisation asphyxiée

Le radar de Komiaza salue ce grand coup de balai qui redonne sa dignité à la cité universitaire. Voir le Professeur Émile Temgoua déployer des pelles excavatrices dès l'aube pour libérer des ouvriers étouffés est le signe d'une gestion de proximité qui refuse la fatalité. Mais l'envers du décor cache une réalité cruelle. Pendant que la mairie s'épuise à enlever les ordures, elle est quotidiennement dénoncée pour le mauvais état des routes, humiliée parce que des quartiers entiers manquent d'eau potable, sommée de sécuriser la ville par l'entretien de l'éclairage public et assaillie par les demandes pressantes d'employabilité des jeunes.

Les défis sont gigantesques, colossaux. Face à eux, les moyens financiers de la commune sont devenus quasi inexistants depuis que Yaoundé a unilatéralement décidé de s'accaparer la collecte des taxes et des impôts locaux. Quel effroyable paradoxe ! Au moment même où l'on prône la décentralisation des pouvoirs, le pouvoir central assène un coup de pilon mortel sur la tête des municipalités en confisquant leurs ressources budgétaires autonomes.

Louer des engins privés pour pallier l'absence de matériel municipal incendié en 2025 est un exploit de résilience, mais financièrement intenable à long terme. La salubrité, l'eau et les routes d'une ville de 300 000 habitants ne peuvent pas dépendre d'une mairie que l'État central s'acharne à asphyxier financièrement. Yaoundé doit restituer aux communes les moyens de leur politique. En attendant, ce propre retrouvé grâce aux efforts de l'exécutif doit être jalousement préservé par les populations locales.

Par Augustin Roger MOMOKANA