En plein cœur d’un débat de société de plus en plus houleux au Cameroun, l’évêque de Buea, Mgr Michael Bibi, a jeté un pavé dans la mare. Face à la recrudescence des liaisons sentimentales clandestines impliquant le clergé, le prélat tape du poing sur la table et appelle les femmes à respecter le vœu de célibat des serviteurs de Dieu.
Le cri du cœur d'un évêque face aux dérives sentimentales
Les secrets de polichinelle s’étalent désormais sur la place publique. Entre liaisons discrètes avec de jeunes filles et relations adultérines avec des femmes mariées, le phénomène des prêtres menant une double vie conjugale fait de sacrées vagues au Cameroun. Les exemples foisonnent, à l'instar de ce récent cas de divorce retentissant où une épouse a quitté son foyer à Douala pour rejoindre un prêtre en service à Yaoundé.
C’est dans ce contexte lourd que Mgr Michael Bibi, évêque du diocèse catholique romain de Buea dans la région du Sud-Ouest, a fermement pris la parole le 30 juillet 2026. S'adressant directement à la gent féminine, sa mise en garde a été d'une franchise absolue :
« Arrêtez de poursuivre les prêtres ou de courir derrière eux sur le plan sentimental. Les prêtres ne vous épouseront jamais et ne pourront jamais vivre avec vous comme des maris… Il y a beaucoup de jeunes hommes célibataires. Tournez-vous plutôt vers eux. »
Entre pressions familiales et mirage économique
Pour de nombreux observateurs, cette crise du célibat sacerdotal prend ses racines dans des réalités socioculturelles et économiques profondes :
- Le diktat de la descendance : Dans l'Afrique traditionnelle, peu de familles acceptent de voir leur enfant mourir sans assurer une lignée. Les prêtres se retrouvent ainsi pris en étau entre leurs vœux religieux et la pression de leur propre famille pour concevoir des héritiers en cachette.
- Le pouvoir financier : Le sacerdoce est parfois perçu à tort, ou à raison, comme un ascenseur social et économique. Cette aisance matérielle supposée ou réelle transforme certains hommes d'Église en cibles privilégiées pour des compagnes en quête de sécurité financière.
Un appel à préserver la mission sacrée
En demandant instamment aux filles et aux femmes de laisser les prêtres tranquilles, Mgr Michael Bibi souhaite avant tout que ces derniers se consacrent pleinement, et sans interférence, au service du Seigneur.
Le prélat a tenu à rappeler avec insistance que le diocèse et le pays regorgent de millions d’hommes célibataires, libres de tout engagement religieux, tout à fait disposés à fonder des foyers légitimes et sans entraves. Reste à savoir si ce rappel à l'ordre suffira à endiguer un phénomène solidement ancré dans les mutations de la société camerounaise.
Par Augustin Roger Momokana (avec Cameroon News Agency - CNA)







