Affaire AppsTech contre SRC : Victoire pour Rebecca Enonchong face aux abus de pouvoir.

Affaire AppsTech contre SRC : Victoire pour Rebecca Enonchong face aux abus de pouvoir.

Pendant que les Camerounais avaient la tête ailleurs, le juge des référés du Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo a prononcé un verdict historique. Une décision de justice qui claque comme un désaveu cinglant pour la Société de Recouvrement des Créances (SRC) et redonne un souffle d'espoir à ceux qui croient qu'« un autre Cameroun est possible ».

Une « voie de fait criarde » condamnée par la justice

Le bras de fer remonte au 15 juillet 2026. Ce jour-là, la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun (SRC) procédait à la pose brutale de scellés sur les locaux abritant la société AppsTech Labs S.A.R.L. et la Société AppsTech Cameroun (toutes deux filiales du groupe Applicant Technologies Inc.), situées au quartier Akwa à Douala.

Saisie en urgence par la célèbre entrepreneure de la Tech, Rebecca Ebanga Enonchong, la justice a tranché le 29 juillet 2026 avec une fermeté exemplaire :

- Une qualification sévère : La juge a qualifié les actes posés par la SRC de « violation outrageuse des lois et règlements en vigueur, constitutifs de voie de fait criarde et manifeste ».

- Une astreinte financière lourde : Le tribunal ordonne la levée immédiate des scellés et la restitution de l'intégralité des biens saisis sous une astreinte financière de 5 000 000 FCFA par jour de retard, avec exécution provisoire.

Lors de la saisie, l’huissier du Trésor Public, Me Tsala Félix Arnaud, avait dressé un procès-verbal énumérant les meubles et effets mobiliers emportés. Pour garantir la transparence de la restitution, le tribunal a également ordonné qu'un inventaire régulier soit mené par un huissier de justice indépendant.

Le courage d'une femme salué par la communauté

Aussitôt le verdict rendu public, une pluie de réactions est venue saluer la détermination de Rebecca Enonchong. Dans un environnement où la résignation l'emporte souvent, son refus de plier devant l'arbitraire est érigé en modèle.

Sur le réseau social X, le leader associatif Arrey Obenson a commenté :

« Des victoires comme celle-ci comptent ; elles prouvent que vous êtes prête à vous dresser contre l’injustice, une qualité dont nous avons tous besoin maintenant et dans les jours difficiles à venir. Votre courage éclaire le chemin pour les autres. »

Une leçon de résistance citoyenne

Pour la tech-entrepreneure, cette décision est la preuve qu'il ne faut jamais baisser les bras, quelle que soit la puissance de l'appareil institutionnel en face :

« Je crois qu’il faut toujours se battre contre les injustices. Même dans un système auquel on ne croit pas. Parfois, on va y trouver des personnes intègres.»

Si cette victoire administrative résonne comme un triomphe pour le climat des affaires et les droits des investisseurs au Cameroun, une partie de l'opinion publique reste prudente. Beaucoup rappellent que dans l'environnement camerounais, obtenir une décision de justice est une chose, mais contraindre une entité publique à l'exécuter en est une autre.

Le respect effectif de cette astreinte de 5 millions de FCFA par jour par la SRC sera le véritable test pour l'État de droit au Cameroun.

Par Augustin Roger Momokana