Le lundi 27 juillet 2026, l’Office régional de Tourisme de l’Ouest Cameroun (ORTOC) à Bafoussam a abrité une rencontre cruciale pour l'avenir du secteur. Sous l’encadrement de l’Association des Guides et Agences de Tourisme de l’Ouest (AGATOC), près d’une dizaine de professionnels venus de Bafoussam, Foumban et Dschang se sont réunis pour redéfinir les perspectives d'un métier au cœur de l'attractivité de la région.
Le guide, vitrine indispensable mais exposée de la destination
Au cours des échanges, les participants ont rappelé le rôle central du guide dans la chaîne touristique. De l'accueil du visiteur à la présentation des patrimoines, jusqu'à l'accompagnement final aux gares ou aéroports, ce métier s'avère aussi passionnant que complexe. Exigeant une solide culture générale, de la rigueur et un sens aigu de la diplomatie, il expose autant l'image du professionnel que celle du pays tout entier.
La rencontre a permis de clarifier les rôles et la complémentarité nécessaire entre les différentes catégories de collaborateurs :
- Le guide local : Spécialiste d'un site ou d'une communauté précise.
- Le guide régional : Maîtrisant les circuits et l'histoire globale de l'Ouest.
- Le guide national : Capable de piloter les circuits à travers tout le triangle national.
Saisonnalité, amateurisme et frilosité des hôteliers : Les freins à lever
Malgré le potentiel exceptionnel de la région, les professionnels ont dressé un constat lucide sur les difficultés qui minent leur quotidien. Le tourisme souffre d'une forte saisonnalité et le public camerounais reste globalement difficile à convaincre lorsqu'il s'agit de découvrir les merveilles de son propre pays.
Plus regrettable encore, le manque de synergie avec les autres opérateurs économiques a été pointé du doigt. Les hôtels locaux persistent à vendre uniquement des nuitées, alors qu'ils augmenteraient considérablement leurs revenus en proposant des circuits touristiques intégrés dans les environs. Enfin, le secteur souffre d'un fort taux d'amateurisme, la plupart des acteurs exerçant par simple passion sans cadre formel.
Sécurité, éthique et vers la professionnalisation du secteur
L'actualité sécuritaire s'est également invitée au centre des débats. Garant de sa propre intégrité et de celle des visiteurs, le guide doit impérativement adopter des mesures conformes à l'éthique et à la déontologie de la profession.
Pour sortir de l'informel, l’ORTOC et l’AGATOC ont pris des engagements fermes :
1. Multiplier les ateliers de renforcement des capacités pour élever le niveau de compétences (maîtrise des langues, gestion humaine, connaissances patrimoniales).
2. Accompagner les guides vers la légalité en facilitant les démarches pour l'obtention des agréments officiels délivrés par le Ministère du Tourisme et des Loisirs (MINTOUL).
Le rayonnement de la destination Ouest-Cameroun dépendra désormais de cette transition d'un artisanat de passion vers une industrie du guidage structurée et hautement professionnelle.
Par Augustin Roger Momokana







