Demande de Visas : les Africain·es ont perdu plus de 56 millions d'euros encaissés par les pays de l

Demande de Visas : les Africain·es ont perdu plus de 56 millions d'euros encaissés par les pays de l

#Komiaza.com - Le nombre de visas accordés par la France aux pays africains a drastiquement baissé : -30% pour les tunisien.nes ; -50% pour les marocain.nes et les algérien.es ; pourtant, pour venir dans certains pays africains, les ressortissant.es européen.nes n’ont pas besoin d’autorisation. C’est le cas des allemands, des belges qui peuvent se rendre au Maroc sans avoir à obtenir de visa.

Tous ceux qui candidatent pour un visa court-séjour en Europe déposent une caution de 45euros pour l’étude de dossier, selon une enquête d’AJ+. Rien qu'en 2023, les Africain·es ont perdu plus de 56 millions d'euros encaissés par les pays de l'UE. Les ambassades européennes utilisent-elles le refus du visa Schengen aux Africain·es pour se faire de l’argent ?

Les droits de visas perçus sont reversés au budget de l’Etat pour une part, tandis qu’une autre part est affectée aux prestations des ressources humaines engagés (avocats, etc.) pour étudier les dossiers dans le cadre de la sous-traitance. Parce que les services propres des ambassades et des consulats ne tiendraient pas le coup face à la pression des demandes.

Pourquoi l’argent perçu n’est pas remboursé en cas de refus ?

Selon le Quai d’Orsay, le code communautaire des visas pour les visas de courts séjours n’a pas prévu le remboursement des sommes perçus en cas de refus ou rejet d’une demande. Ce qui s’apparente à un business, un business du refus vu du côté des demandeurs.

« Certains accusent les pays européens d’utiliser la politique du refus visa pour se faire de l’argent. Le président des Consommateurs Marocains parle quant à lui d’abus à partir du moment où le nombre de refus ne cesse d’augmenter.

Le visa comme arme de pression contre certains pays africain.

Le cas de la Tunisie est évoqué comme un exemple. Le 16 novembre 2020, lors de sa visite en Tunisie, le ministre de l’intérieur français avait demandé au président Kaïd Saïed d’accepter le retour des Tunisien-nes explusé.es de France « sans quoi le nombre de visas accordés à la Tunisie serait réduit. »

Ce chantage est dénoncé par 115 organisations des deux rives de la Méditerranée. Elles la qualifient de « politique des visas : discriminations et injustice. » une injustice et une discrimination qui visent en priorité les étudiant.es et professionnel.es africains qui finissement parfois endetté.es.

Peut-être que les états africains devraient, face à cette injustice des pays européens, répondre par la réciprocité, c’est-à-dire exiger des frais de visa, une paperasse, le certificat d’hébergement, le billet d’avion aller-retour à décourager les demandeurs, se faire aussi de l’argent à travers l’octroi des visas aux ressortissants de l’espace Schengen qui souhaitent venir sur le continent.

« Il est temps qu’on traite d’égal à égal pour évoluer parce qu’il est impossible que le courant passe d’un seul côté. Il faut qu’il y ait un échange bénéfique des deux », selon le président des Consommateurs Marocains. « Dans un rapport dominant-dominé, il n'y a pas d'équité ». Il va falloir briser cette chaîne si nous voulons donner la chance à notre continent de devenir émergeant.

La solution durable, il faut le dire, réside dans l’amélioration de la gouvernance en Afrique, cela créé des conditions de vie meilleures qui permettent aux africain.es de rester et de prospérer chez eux. « Nos leaders à offrir des perspectives d'avenir dans nos propres pays », pense Prince KOUAMÉ. 

Avec AJ+