Trône de Vice-roi créé: c’est plus de 30 millions de bulletins de vote brûlés par 200 parlementaires
Samedi 4 avril 2026. Le Palais de l’Assemblée Nationale a scellé le destin de tout un peuple. Dans une ambiance électrique, 222 parlementaires ont validé la révision de la Constitution. Entre trahison dénoncée et fracture ouverte au sein même du RDPC, le Cameroun bascule officiellement dans l’ère du « dauphin nommé » et de la souveraineté confisquée.
Nye ! Nye ! Nye ! Ce n’est plus un projet, c’est acté. Le « Vice-roi » a désormais son trône. Il existe, même s’il n’est pas encore désigné. Sur les 280 membres du Congrès, 200 ont dit « Oui », brûlant symboliquement les bulletins de vote de 30 millions de Camerounais qui n'ont jamais été consultés.
Une monarchie qui ne dit pas son nom ?
Défendu par le Ministre d’État, Garde des Sceaux, ce projet est reçu comme un coup de poignard dans le dos de la démocratie. Pour beaucoup, c'est l'instauration d'une monarchie où Paul Biya devient le souverain absolu. À quoi servira ce Vice-président nommé ? Pour les analystes, c'est simplement l'officialisation de la « délégation de signature » permanente offerte à son SGPR (Secrétaire Général de la Présidence de la République). On légalise aujourd'hui ce qui était hier jugé contraire à la Constitution.
La révolte vient de la « Maison »
Si l'opposition a crié au loup, la surprise est venue de l'intérieur de la mangeoire. Le RDPC se fissure en direct :
- René Ze Nguelé (Sénateur du Haut-Nyong) a jeté le froid : « La précipitation avec laquelle vous conduisez cette réforme est suspecte ! »
- Charles Mbella Moki (Sénateur du Fako) a refusé de participer à cette « honte », appelant le Sud-Ouest à une « union sacrée » contre la manipulation du sommet.
Le hold-up de la souveraineté
L'honorable Nourane Fotsing a tenté de ramener l'âge électoral à 18 ans. Réponse du Congrès : Silence radio. C'est l'absurdité totale : un jeune de 18 ans peut porter une arme pour mourir au front, mais il est trop « bébé » pour voter ? Mouf ! Le pays-ci hein! Les gens qui mangent et boivent cinq fois par jour-là veulent même quoi éééé.
En créant ce poste de Vice-président nommé, le Parlement - dont le mandat est déjà expiré et prorogé - retire au citoyen son droit le plus sacré : celui de choisir son futur chef en cas de vacance. C’est un retour aux années d’indépendance, une époque où le Vice-président n'était qu'une ombre sans poids politique, un coursier de luxe nommé pour obéir.
Frushiman ! Les dés sont jetés. Le régime vient de s'offrir une assurance-vie éternelle. À moins que les électeurs ne fassent bloc aux prochaines municipales et législatives pour reprendre ce qu'on vient de leur voler : leur destin. Envahir le parlement, pour enfin pouvoir créer une constitution digne d’un pays qui ne veut plus dormir dans la rigole.
Par Augustin Roger MOMOKANA







