#Komiaza.com - A l’initiative de l’association Horizon Jeune, les jeunes influenceurs communautaires sont à pied d’œuvre dans la Commune de Dschang qu’ils ont quadrillé dans le cadre du « Projet d’amélioration de la participation des jeunes pour le Dialogue et la Cohésion Sociale ».
Le projet initié par Horizon Jeune avec l’appui financier de la GIZ Cameroon participe d’un constat fait depuis l’avènement de la crise anglophone qui a provoqué la ruée à Dschang des personnes directement affectées par la guerre. Les conséquences relevées sont la dégradation de la situation économique (flambée des prix sur les marchés), la recrudescence du chômage et le sous-emploi des jeunes, la promiscuité, la récurrence des conflits domestiques et familiaux, les tensions liées à la gestion des espaces (champs, dépôts d’ordures ménagers, sources d’eau potable).
Réunis mercredi 02 octobre 2024 en la salle des réunions du Centre de la promotion de la Femme et de la Famille à l’occasion de l’atelier de restitution des résultats de l’étude sur leviers culturels en faveur de la paix, la cinquantaine de jeunes sont repartis convaincus de la nécessité de mettre sur pied un Festival intercommunautaire.
Il s’agira, selon eux, d’une plateforme de rencontres, de brassage, de partage et d’échanges culturels avec comme socle la paix sans laquelle la cohésion sociale serait un leurre. Dschang, en effet, est un territoire où cohabite des personnes issues de divers horizons, de diverses cultures. Ces personnes sont appelées à vivre ensemble, dans un climat de fraternité et d’amour.
Menée par Docteur Medom Elisabeth, PhD en Littérature et culture africaines, ici consultante sollicitée par Horizon Jeune, l’étude effectué dans une dizaine de chefferie dans la commune de Dschang a permis non seulement d’identifier les sources des conflits, mais aussi d’en esquisser des mesures préventives et quelques recommandations fortes.
En ce qui concerne les sources des conflits, elles sont nombreuses et variées. Citons la barrière linguistique qui est la source qui affecte le plus les communautés des personnes déplacées de la crise anglophone, la gestion des déchets ménagers, l’escroquerie foncière, la succession, le partage de l’héritage, la pratique de l’autopsie, les croyances religieuses, l’incompréhension de certains us et coutumes locales, le rejet par certains des tribunaux coutumiers considérés comme corrompus, entre autres.
Comme mesure pratiques de prévention et d’anticipation des conflits, l’enquête de Docteur Medom Elisabeth a identifié les festivals communautaires, le cadi où la parole donnée est sacrée, la création de l’arbre à palabre au sein des chefferies, la mise à disposition des espaces publiques d’expression culturelle et de loisirs, la pratique de l’autopsie qui a, dans la plupart des cas, vocation à déculpabiliser une personne indexée ; la création d’un musée dédié à la paix.
Comme recommandations au porteur du projet, Horizon Jeune s’entend, la consultante entrevoit un plaidoyer auprès des chefferies traditionnelles en vue de les amener à mettre sur pied des écoles pour la paix, la création d’un site web et des réseaux sociaux leviers culturels pour la paix, l’organisation d’un festival culturel intercommunautaire pour le brassage des communautés présentes dans la commune, etc.
Présent à cet atelier de restitution, Hindrich Assongo, journaliste et chercheur en Communication pour le développement, a salué l’idée d’un festival intercommunautaire et émis le vœu qu’il soit porté par la Commune de Dschang et organisé avec les jeunes qui sont sa principale cible.
« L’idée d’un festival intercommunautaire à Dschang est la meilleure chose qui puisse arriver à cette ville parce qu’il existe une tendance malheureuse introduite par les replis identitaires en politique : c’est de penser que la ville appartient aux gens qui en sont originaires, c’est-à-dire les autochtones. Pourtant, une ville c’est surtout l’affaire de ceux qui, sur le temps longs, à travers des décennies, ont aimé la ville, ont bâtis la ville, ont gardé la ville dans le cœur. Une ville c’est la ville des citoyens. Et il faut que cela soit encré dans les esprits des gens que si quelqu’un d’origine kenyane a pu être le président des Etats-Unis, quelqu’un qui n’a pas ses origines ici et qui a bâti cette ville, qui a participé à l’économie locale peut bien aspirer à être maire de Dschang. Ce genre de festival c’est aussi pour montrer cela. Je vais aller plus loin pour me faire bien comprendre. L’aigle royal de Dschang qui est l’emblème de la ville ne doit cesser d’être considéré comme étant le club des filles et fils de Dschang comme j’entends parler. Ce n’est pas leur club, mais c’est celui de la ville de Dschang. La ville de Dschang n’est pas la ville des Dschang. Cette équipe n’a pas été créée par un fils de Dschang, mais par Félix Soulier d’origine française alors Percepteur de la Région Bamiléké dont le siège était Dschang», a-t-il expliqué.
La GIZ Cameroon, le partenaire financier du « Projet d’Amélioration de la Participation des Jeunes pour le Dialogue et la Cohésion Sociale » dans la Commune de Dschang, soutiens les efforts de l’association Horizon Jeune à se mobiliser pour la paix et la cohésion sociale dans un contexte marqué par l’accueil et l’installation de plus de 20 000 déplacés de la crise anglophones venus des régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest.
En attendant le cadrage et éventuellement la mise en route du festival Intercommunautaire de Dschang, Horizon Jeune travaille au quotidien sur son objectif de la paix. « Nous avons formé de jeunes influenceurs communautaires dans 10 quartiers, et nous avons 50 jeunes qui au quotidien, au travers des activités communautaires diverses prônent la cohésion sociale (…) nous voulons préciser que nous avons dans un premier temps réalisé une cartographie des conflits dans la commune ; et l’étude actuelle portait sur l’identification des leviers culturels en faveur de la paix et de la cohésion sociale », a confié Cyriane Megapche, chargée du Suivi-Evaluation du projet, à Komiaza.com.
L’objectif clairement visé à travers le « Projet d’Amélioration de la Participation des Jeunes pour le Dialogue et la Cohésion Sociale » est de ramener les jeunes aux sources et de pouvoir anticiper sur les sources des conflits, voire les résoudre afin d’éviter qu’ils ne débouchent à la violence. Présidé par le représentant du Sous-préfet de l’arrondissement de Dschang, M. ESIE Daniel, l’atelier a connu la participation du représentant du maire de la Commune de Dschang, de celui de la Police, du directeur du Musée des Civilisations, de l’iman de la mosquée centrale de Dschang et du maire du conseil municipal jeune de la Commune de Dschang, de la présidente des organisations des Personnes déplacées de la Crise anglophone.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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