#Komiaza.com - Le service d’électricité est catastrophique malgré les bonnes intentions de la loi 2011 régissant le secteur de l’électricité au Cameroun. Comment cela est-il possible pour un pays gâté par la nature en ce qui concerne les ressources naturelles dont les cours d’eau et une météo favorable à la production des énergies nouvelles (l’éolien et le solaire) ?
Alors que la région de l’Ouest privée, pendant 14 jours de la fourniture en énergie électrique, croyait que les travaux effectués entre le 12 et le 27 septembre 2024 ont permis de pallier aux délestages récurrents, la situation s’avère plus compliquée encore.
L’énergie électrique est devenue un clignotant. De sorte qu’il ne serait pas idiot de penser que des individus tapis quelque part, dans une centrale, ont pour seule fonction d’ouvrir et de fermer les interrupteurs, à leur guise.
Situation critique et regrettable pour les consommateurs qui ne savent plus à quel saint se confier, si l’agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL) semble ne pas se préoccuper de cette crise, elle dont la mission principale est de veiller « aux intérêts des consommateurs et assurer la protection de leurs droits en matière notamment du prix, de la qualité et de la fourniture ».
Qu’est-ce qui se passe dans le secteur de l’électricité au Cameroun ?
Les entreprises responsables des sociétés impliquées dans la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’énergie électrique au Cameroun apparaissent irréductibles dans leurs méthodes de management. EDC (Electricity Developpement Coorporation) qui produit l’énergie électrique à travers l’exploitation des barrages hydroélectriques, des centrales thermiques et d’autres sources de production; la SONATREL (Société national de transport d’électricité) à qui incombe le transport de l’énergie via des lignes THT dont la tension est supérieure à 100 KV produite vers les plateformes de distribution; et enfin ENEO Cameroon SA (Filiale du Groupe ACTIS) chargé de la distribution et de la commercialisation de l’énergie ; ces sociétés n’ont que faire des plaintes et dénonciations des consommateurs.
Elles peuvent en toute quiétude justifier leurs défaillances et incompétences par l’étiage en saison sèche ou le trop plein d’eau dans les turbines en saison des pluies. Une fuite qui s’apparente à cette explication d’une Universitaire selon qui les problèmes de délestages et d’interruptions du courant électrique aux Cameroun relèvent du changement climatique. Ainsi, selon cette éminence grise, l’on peut établir le lien entre changement climatique et capacité de production de l'énergie hydroélectrique, indépendamment des sources de production.
D’énormes dégâts sans réparations
Au cours des deux semaines d’interruption du service d’énergie électrique dans la région de l’Ouest, les entreprises, les ménages, les administrations ont payé une note pour laquelle ils ne s’étaient pas préparés, car n’ayant reçu aucune notification ou avis d’interruption.
Au niveau des entreprises, certaines notamment celles de la finance, de la téléphonie mobile ainsi que celles des jeux du hasard ont eu recours aux groupes électrogènes. Ce qui, bien évidemment a produit une incidence sur le coût des services et réduit leur marge de bénéfice.
Contrairement à cette catégorie, d’autres à l’instar des poissonneries et des boucheries ont ouvert la vanne, par une campagne de liquidation des produits, afin d’éviter ou de minimiser les avaries. Les ménages sont elles aussi passés par-là car, vider les réfrigérateurs a été la seule solution.
Certains ont quand même saisi l’opportunité pour réaliser de bonnes affaires.
Les malheurs des uns faisant le bonheur des autres, la rupture du service d’électricité a profité à une catégorie de prestataires: les coiffeurs, les dépanneurs de téléphones, les rebobineurs, etc. Certains d’entre eux ont installé un groupe électrogène non pas pour poursuivre leur activité ordinaire, mais pour charger les téléphones portables. F. N. est coiffeur dans la ville de Dschang. Chaque jour, « j’ai pu charger entre 60 et 85 téléphones, à raison de 200 F l’appareil. Cela me coûtait 8 litres de carburant de 7h à 20h. »
F.N. était en passe de réaliser une belle affaire. La première semaine il a mis de côté près de 26000fcfa. Malheureusement, le weekend, une panne est survenue qui lui a coûté 21 500FCFA. « Les dépanneurs de groupe électrogène sont dangereux. Quand j’ai porté mon groupe chez l’un d’eux, il a failli vider mes poches. C’est pratiquement la surtaxe. Et j’étais dans l’obligation de dépanner pour espérer sortir gagnant de cette opportunité que m’offre ENEO », a expliqué notre source qui espère pouvoir travailler quelques jours encore avant que le courant ne soit rétabli.
ENEO doit cesser d’être intraitable quand il faut servir les avis de coupure, pour se démarquer par l’amélioration de ses rapports avec les consommateurs au niveau de la communication et de la qualité du service.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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