La gifle de Cyrille Bojiko aux Mrcistes dont la victimisation permanente est devenue un programme politique!
Chers militants du MRC, qu’ils se réclament aujourd’hui de Tchiroma ou qu’ils se reconnaissent toujours dans Kamto, permettez-moi de vous parler sans détour, mais avec respect. Le débat qui vous divise n’est pas anodin, mais il devient stérile lorsqu’il nous enferme dans des postures figées, des procès d’intention et des querelles de personnes. Or, un mouvement politique ne grandit pas dans l’immobilisme émotionnel, mais dans la capacité à transformer les épreuves en intelligence collective.
Nous l’avons déjà dit ici : dans la vie comme en politique, les problèmes ne sont pas des murs définitifs, mais des signaux. Certains nous tombent dessus sans que nous les ayons provoqués. D’autres sont la conséquence directe de nos choix, de nos silences ou de nos excès. Dans les deux cas, ils nous obligent à chercher des options nouvelles. Rester figé dans l’échec, ou dans la nostalgie d’un passé idéalisé, c’est refuser d’apprendre. Et refuser d’apprendre, c’est déjà reculer.
À ceux qui disent : « si nous en sommes là, c’est à cause d’un homme, d’un autre camp, d’une trahison », je réponds ceci : peut-être. Mais la question décisive n’est pas de savoir qui a fauté, elle est de savoir que faisons-nous maintenant. Un mouvement qui aspire à gouverner un pays ne peut pas se comporter comme une assemblée de victimes permanentes. La victimisation peut expliquer un moment de l’histoire, elle ne peut pas être un projet politique.
Aux pro-Kamto, je dis : la fidélité à une vision ne doit pas devenir une prison mentale. Défendre un homme ne suffit pas, si l’on perd de vue le peuple et les réalités mouvantes du rapport de forces. Aux pro-Tchiroma, je dis : le pragmatisme n’a de sens que s’il reste arrimé à des principes clairs. Sans boussole éthique, toute manœuvre finit par se retourner contre ceux qui la justifient.
Le véritable danger pour le MRC n’est ni Tchiroma, ni Kamto. Le véritable danger, c’est l’incapacité à transformer les chocs en maturité politique. Un problème est toujours une opportunité : une alarme qui nous dit que quelque chose ne fonctionne plus et qu’il faut ajuster, repenser, réinventer. Pas insulter. Pas excommunier.
Et permettez-moi de terminer sur une note plus humaine. En politique comme dans la vie, parfois, un simple « je pense à toi » vaut plus qu’un long discours. Reconnaître la douleur de l’autre, même quand on n’est pas d’accord avec lui, c’est maintenir vivant ce feu fragile qu’est la solidarité. Ce « petit rien » ne change peut-être pas le Cameroun à lui seul, mais il change notre monde intérieur. Et sans transformation intérieure, aucune alternance durable n’est possible.
Le combat continue, oui. Mais qu’il continue avec lucidité, hauteur et responsabilité. »
Lisons Cyrille BOJIKO
MEDIAS
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