Affaire Pr Christian Fouelefack : Entre corps en décomposition et parodie de justice au TPI de Dsch.

Affaire Pr Christian Fouelefack : Entre corps en décomposition et parodie de justice au TPI de Dsch.

L’audience du lundi 26 janvier 2026 dans l’affaire opposant le Pr Christian Fouelefack à l'accusation a offert un spectacle désolant, entre absence préméditée des avocats de la partie civile et révélations macabres sur l'état de la dépouille de la défunte. Pour Komiaza, ce dossier n’est plus une quête de vérité, mais une spirale de la honte où le droit est sacrifié sur l’autel des manœuvres dilatoires.

Les idées forces de l'audience :

  • L'accusation aux abonnés absents : Les avocats et la famille de la défunte ont brillé par leur absence, une stratégie de blocage dénoncée par la défense.
  • Le scandale de la dépouille : Le Président du Tribunal révèle que le corps de Mme Ndontsa est en décomposition à la morgue, alors qu’on faisait croire à l’accusé qu’il était sous scellés.
  • La parodie de maladie : Une demande de renvoi pour « paludisme » de l'avocat de l'accusation a provoqué l'indignation, alors qu'il plaiderait au même moment à Bafoussam.
  • Le mystère du listing téléphonique : Le Procureur affirme ne pas disposer d'un document qui figure pourtant au dossier depuis l'information judiciaire.
  • Un renvoi de plus : Malgré les protestations de la défense, l'affaire est renvoyée au lundi 2 février 2026.

Le corps de l'épouse : L'insulte suprême

Le moment le plus glaçant de l'audience fut l'échange sur la dépouille de dame Ndontsa. Le Président du Tribunal a surpris l’assistance en demandant au Pr Fouelefack pourquoi il ne sortait pas de prison pour aller enterrer son épouse, affirmant que le corps n'est pas scellé et qu'il tombe en décomposition.

Stupeur du Professeur : le 29 avril 2024, le Procureur lui affirmait le contraire, interdisant l'enterrement prévu le 4 mai sous prétexte de scellés judiciaires. Comment un corps peut-il passer de « scellé » à « libre mais décomposé » sans aucune notification officielle ? Cette gestion administrative de la mort est une insulte à la dignité humaine et à la mémoire de la disparue.

La stratégie du pourrissement

Me Sandrine Sokeng, avocate de la défense, a laissé éclater son « ras-le-bol ». Depuis juillet 2025, l'accusation multiplie les prétextes fallacieux pour obtenir des renvois. L'argument du « paludisme » de Me Djiaha Antoine a déclenché des rires amers dans la salle, alors que ce dernier serait en train de plaider à la Cour d'Appel de l’Ouest à Bafoussam.

Cette « justice de la montre » vise manifestement à maintenir le Pr Fouelefack dans les liens de la détention sans jugement définitif. Le Ministère Public, de son côté, semble naviguer à vue, réclamant des listings téléphoniques déjà présents dans le dossier pour justifier de nouveaux délais.

Le TPI de Dschang face à ses responsabilités

En acceptant un nouveau renvoi au 2 février 2026, le Tribunal cède une fois de plus aux caprices d'une accusation qui fuit le débat de fond. Pour la rédaction de Komiaza, cette affaire est devenue le symbole d'un système judiciaire qui broie les hommes au lieu de les juger. Le Pr Fouelefack, enseignant et chercheur, subit une double peine : l'incarcération et l'impossibilité d'offrir une sépulture décente à son épouse à cause d'incohérences administratives flagrantes. Jusqu'à quand la Justice camerounaise tolérera-t-elle cette parodie ?

La Rédaction de KOMIAZA