dimanche 18 janvier 2026 à Casablanca au Maroc, le rideau est tombé sur la Coupe d’Afrique des Nations, mais l’odeur de la corruption persiste. Si le Sénégal trône aujourd’hui sur le toit de l’Afrique, sa victoire n’est pas seulement sportive : c’est un acte de résistance face à une coalition d’intérêts obscurs. Pour la rédaction de Komiaza, cette édition marocaine restera dans l’histoire comme celle où les infrastructures de luxe ont servi de décor à une misère morale sans précédent, mais aussi comme le point de départ d'une Afrique qui refuse de plier l'échine.
Les idées forces du scandale :
- L’hospitalité au poignard : Le Maroc a offert au Sénégal un accueil indigne, marqué par la violence des supporters et une hostilité institutionnalisée.
- La faillite de la CAF : Patrice Motsepe, prompt à traquer Samuel Eto’o, est resté d’une complaisance suspecte face aux dérives du pays hôte.
- L’arbitrage de la honte : Le Congolais Ndala est au cœur d'un soupçon de corruption après des décisions lunaires en faveur du Maroc.
- Le geste de Brahim Diaz et le leadership de Sadio Mané : Deux actes de dignité qui ont sauvé l'âme du football africain face à la corruption systémique.
- Le Trophée du Fair-Play, une insulte : Attribué au Maroc, ce prix est l'ultime ironie d'une compétition où l'esprit sportif a été piétiné.
- Le message géopolitique : Le Sénégal s'inscrit dans la lignée de la réciprocité diplomatique prônée par le Tchad et le Burkina Faso contre l'hégémonie injuste.
Quand le béton cache le vide de l’esprit
Le Maroc voulait éblouir le monde avec ses stades ultramodernes. Il n'a réussi qu'à exposer la petitesse d'une mentalité prête à tout pour conserver un trophée. De l'agression violente de Yehvann Diouf pour une simple serviette à la vindicte populaire subie par les Sénégalais dès leur arrivée à Rabat, le football a été sacrifié sur l'autel d'un nationalisme agressif. La démonstration est faite : on peut construire des temples du football sans jamais posséder la religion du fair-play.
Patrice Motsepe : Le silence des complices
Le spectacle le plus affligeant ne s'est pas déroulé sur la pelouse, mais dans les tribunes officielles. Voir le président de la CAF, Patrice Motsepe, incapable de féliciter les champions sénégalais devant Gianni Infantino, n'est pas une maladresse, c'est un message de mépris. Celui qui se montre si habile pour intriguer contre Samuel Eto’o semble avoir perdu sa langue et son autorité face aux dérives marocaines. La CAF s'auto-félicite de la « meilleure CAN de tous les temps » ; nous y voyons une foire à l'infamie et aux décisions lunaires.
L’ironie du Fair-Play et la noblesse du leadership africain
Le comble de l'hypocrisie a été atteint lors de la remise du Trophée du Fair-Play au Maroc. Une récompense qui sonne comme une insulte, sauf si l'on veut l'inscrire sous le sceau de l'organisation administrative et technique, qui, selon les chiffres officiels, a effectivement battu tous les records. Mais l'esprit sportif ? Il était ailleurs, dans le camp adverse.
L'histoire retiendra le geste monumental de Sadio Mané. Alors que ses coéquipiers, écœurés par le penalty injustement accordé au Maroc, quittaient l'aire de jeu, Mané, après une concertation éclair avec Claude Leroy, les a rappelés sur le terrain. Une posture de leadership exemplaire qui a permis à la rencontre de se poursuivre. Cet acte magnifie l'esprit africain : les épreuves doivent nous booster, non nous faire plier l'échine.
À cet acte de grandeur répond celui de Brahim Diaz. En ratant ce penalty sulfureux, l’international marocain a rendu justice au jeu, choisissant la paix de sa conscience contre la pression d’un État aux abois.
La serviette des gardiens de buts : l’once d’or des stadiers marocains.
Le monde entier a été témoin de scènes de tentative de vol de la serviette d’Édouard Mendy par des supporters (ramasseurs de balles et les stadiers) marocains. Un geste d'une mesquinerie confondante, loin de l'esprit de fair-play. Pour ces supporters, la déception fut grande : le deuxième gardien sénégalais, vigilant, a protégé la serviette comme s’il s’agissait de sa propre vie. L'amour pour la patrie, c'est aussi cela : la dignité dans les petits gestes. Cette fois, Mendy a eu plus de chance que le gardien des Super Eagles du Nigeria, Stanley Nwabali qui s’est fait voler deux serviettes au cours d’un même match de la demi-finale contre la Maroc. Il faut protéger les gardiens de buts ; ils n’ont pas de serviette par plaisanterie : elle leur sert à maintenir leurs gants en état, car la moindre montée de température peut aider le ballon à glisser.
Au-delà du football : L’Afrique debout et déterminée
Le message du Sénégal est limpide : l’Afrique ne doit plus faire de concessions aux apôtres de la corruption, de l’injustice et de la tricherie. Elle doit se faire respecter. Ce "Non" sportif fait écho aux actes de souveraineté récents : le président tchadien et son homologue burkinabè ont donné le ton en imposant la réciprocité diplomatique contre les nouvelles restrictions de visas américains, ou en s'opposant fermement aux pressions du Général Michael Langley d'AFRICOM.
L’Afrique d’aujourd’hui est consciente, éveillée et déterminée. Plus personne n’acceptera de se taire ou de subir en silence.
Le Sénégal a arraché le stylo de l'histoire
Le Maroc voulait écrire l’histoire à sa gloire ; les Lions de la Téranga lui ont simplement arraché le stylo. Honneur au Sénégal qui a affronté, seul contre tous, l’arbitre, la VAR et la CAF réunis. Cette victoire est monumentale car elle prouve que même dans un système corrompu jusqu'à la moelle, la dignité et le talent pur peuvent encore triompher. Pour Komiaza, cette CAN 2025 restera une cicatrice sur le visage du football africain, mais aussi le rappel que la souveraineté sportive se gagne par la sueur, et non par les enveloppes.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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