Le récit glaçant de Me Ali Bah Oumar n'est pas un simple incident de brigade ; c’est le diagnostic d’une pathologie qui ronge nos institutions. Lorsqu’un auxiliaire de justice est menacé de geôle pour avoir osé citer le Code de procédure pénale, ce n’est plus seulement l’avocat qu’on insulte, c’est la Constitution que l’on piétine. Pour la rédaction de Komiaza, ce « Maroua-Gate » illustre le labyrinthe sécuritaire où la force tente désespérément de se substituer à la loi.
La « République des Brigades » contre l’État de droit
Le scénario est digne d'une ère que l'on croyait révolue. Saisi pour une interpellation abusive et sans mandat, Me Ali Bah Oumar s’est heurté à un mur d’arrogance. La sentence du Commandant de brigade est tombée comme un couperet : « La place de l’avocat est au parquet et non dans les unités de gendarmerie ».
Cette déclaration est plus qu’une erreur : c’est un aveu de haute trahison institutionnelle. En 2026, prétendre que l'avocat est un intrus dans une brigade, c’est nier l'évolution de nos lois et transformer les unités de gendarmerie en zones de non-droit. L'avocat n'est pas un adversaire ; il est le garde-fou qui empêche le serviteur de l'État de devenir un prédateur de libertés.
La menace de détention : Le paroxysme de l’abus d’autorité
Le point de non-retour a été franchi lorsque ce même officier a menacé d’incarcérer l’avocat pour le simple fait d'avoir exercé sa profession. Cette tentative de détention arbitraire d'un homme en robe noire est un signal d'alarme : si l'avocat, protégé par son statut, peut être menacé de fers, quel sort est réservé au citoyen lambda, sans voix et sans défense, dans le secret des cellules ?
Heureusement, la hiérarchie supérieure, garante de la légalité républicaine, a dû intervenir pour siffler la fin de cette récréation illégale. Mais cette intervention salutaire ne doit pas occulter le problème de fond : combien de « petits chefs » se croient encore au-dessus des textes au motif qu'ils portent un képi ?
De la prédation économique à la prédation judiciaire
Tout comme nous dénoncions le « Saoudi-Gate » et le pillage de nos ressources, nous dénonçons ici le pillage de nos libertés. Un État qui ne respecte pas ses propres lois est un État qui s'affaiblit. La gestion rationnelle d'une nation ne concerne pas seulement son or ou son pétrole, elle concerne aussi la sécurité juridique de ses citoyens.
L'intimidation des avocats est le premier pas vers la dictature de l'arbitraire. Le silence face à de tels agissements serait une complicité passive. Komiaza appelle à une réaction institutionnelle ferme : la loi doit être le seul maître, de Maroua à Douala, et personne — absolument personne — ne doit être inquiété pour avoir rappelé les exigences de la légalité.
La Rédaction de KOMIAZA
Inspiré par le témoignage de Me Ali Bah Oumar
MEDIAS
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