Le « Saoudi-Gate » et le labyrinthe d’un gouvernement: le Cameroun à la recherche de mains propres.

Le « Saoudi-Gate » et le labyrinthe d’un gouvernement: le Cameroun à la recherche de mains propres.

Le scandale de l’or de l’Est vient de franchir un seuil critique avec la publication du rapport ITIE. Les chiffres sont implacables : alors que les douanes camerounaises n'ont déclaré que 22,3 kg d'or exportés, plus de 15 tonnes de métal jaune camerounais ont été tracées vers l'étranger, notamment vers l'Arabie saoudite. Pour la rédaction de Komiaza, ce « Saoudi-Gate » n'est pas qu'un vol, c'est le procès d’une haute trahison économique.

L'insulte des chiffres : 15 tonnes d'or contre 165 milliards de perte

Pendant que nos populations de l'Est croupissent dans un dénuement moyenâgeux, cet or qui s'évapore représente une perte fiscale de 165 milliards de FCFA pour le Trésor public. C'est le miroir d'une gestion opaque qui gangrène également le bois, le pétrole et le fer. Le constat est amer : les impôts des citoyens ne peuvent suppléer ces revenus colossaux détournés. Le développement du Cameroun en 2026 ne se fera pas par la pression fiscale, mais par une gestion patriotique de nos contrats miniers.

Le « Chaînon Manquant » : L'élite compradore et les prédateurs de l'ombre

Ce qui choque le plus, c'est le silence des écrans radars. 15 tonnes d'or ne quittent pas un territoire dans une valise. Ce pillage nécessite des complicités au plus haut niveau de l'administration, capables de « fermer les yeux » sur les ports et les aéroports. C'est ici que réside la trahison : une partie de notre élite s'est transformée en « courtiers du pillage », bradant le sous-sol national contre des commissions dérisoires logées dans des paradis fiscaux. Ces acteurs ont fait du Cameroun un comptoir colonial où les multinationales extraient la substance du pays sans laisser la moindre infrastructure en retour.

Le labyrinthe de la formation d’un nouveau gouvernement: Ne pas « enfanter des tigres »

L’imminence d’un nouveau gouvernement se fait attendre. La difficulté du Chef de l’État réside dans la raréfaction des profils intègres. Comment renouveler l'appareil dirigeant sans recycler ceux qui ont laissé filer 15 tonnes d'or sous leurs yeux ? Le labyrinthe est là : le défi est de ne pas « enfanter des tigres » qui, une fois installés, dévoreront ce qu'il reste de la fortune publique sous prétexte de la gérer.

L’urgence de la sanction exemplaire

Le temps des « enquêtes » est révolu. Le Parlement et la Présidence doivent agir : ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une sanction exemplaire. La prospérité du Cameroun ne doit plus être le privilège d'une caste de complices, mais le droit de chaque citoyen.

À cœur vaillant, rien d'impossible. Le peuple attend un gouvernement de rupture, capable de transformer chaque pépite d'or en écoles, en hôpitaux et en routes. Il est temps de fermer les vannes du pillage et de restaurer la dignité d'une nation qui refuse de mourir de soif au bord de ses propres richesses.

La Rédaction de KOMIAZA

Inspiré par la mise au point de Raymond CHIYA ZOK