Crise à Dschang : L’Alliance Franco-Camerounaise sous scellés, l’Hôtel de Ville toujours paralysé.

Crise à Dschang : L’Alliance Franco-Camerounaise sous scellés, l’Hôtel de Ville toujours paralysé.

Le climat social s'assombrit dans la cité universitaire. Ce lundi 29 décembre 2025, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang (AFCD) a basculé dans une crise ouverte avec la mise sous scellés du bureau de son directeur, tandis que la mairie de la ville entame sa deuxième semaine de blocage.

Épreuve de force à l’AFCD

La tension est montée d'un cran ce lundi à l’AFCD. Sur décision du Conseil d’Administration (CA), les scellés ont été apposés sur la porte du directeur, fraîchement démis de ses fonctions. Cette institution culturelle est désormais le théâtre d’un bras de fer musclé entre la direction et le CA.

Au cœur du conflit, le TCF (Test de Connaissance du Français). Cette certification, véritable poumon financier de l'institution, a été suspendue. C’est le "bâton" que la France agite désormais au-dessus de l’AFCD, menaçant la survie même de la structure.

Une médiation préfectorale d'urgence

Contrairement à la situation de l’Hôtel de Ville, où les autorités semblent rester dans l'expectative malgré deux semaines de fermeture, la crise à l’Alliance a provoqué une réaction immédiate. Face au choc de la grogne des employés, le Préfet du département de la Menoua a convoqué une assise d’urgence ce lundi après-midi.

Deux camps irréconciliables s'opposent :

La Direction : Soutenue par une partie des agents qui dénoncent des conditions de travail précaires.

Le Conseil d'Administration : Qui a acté la destitution du directeur, l'accusant de défier son autorité.

Les employés, au-delà du soutien à leur directeur limogé, exigent une couverture sociale et une restructuration profonde. Ils réclament notamment un audit complet de la gestion du Conseil d'Administration.

Entre appétits financiers et déclin culturel

Le mal semble profond. L’AFCD est aujourd'hui la cible d'ambitions financières personnelles. L'esprit du bénévolat a laissé place à une quête d'enrichissement, portée par les revenus générés par les cours de langues. En conséquence, les projets culturels et les spectacles, essence même de l'Alliance, sont relégués au second plan au profit d'activités purement mercantiles comme les foires.

Quelle issue pour la survie de l'institution ?

L’ombre de la France plane sur ce conflit. On accuse Paris d'avoir nommé un directeur qui s'est affranchi de la tutelle du Conseil d'Administration. Aujourd'hui, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang est à la croisée des chemins : soit elle périclite, soit elle parvient à réconcilier tous ses membres.

Une sortie de crise durable passera nécessairement par une concertation entre les membres débarqués par la commission ad hoc du Gouverneur de l’Ouest et l’équipe actuelle. L'objectif est clair : sauver ce qui peut encore l'être.

Augustin Roger MOMOKANA