Il est écrit : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). Ce message de salut gratuit, au cœur de la plupart des religions chrétiennes, résonne avec une force particulière en ce jour de Noël 2025.
Malheureusement, la réalité du terrain offre un spectacle bien plus sombre : des milliards de personnes continuent de se laisser berner par des « prophètes » autoproclamés. Là où l'Évangile prône un don désintéressé, ces marchands de la foi imposent un salut sous conditions, souvent monnayé à prix d'or à travers des projets d'arches ou des promesses de survie apocalyptique.
En ce 25 décembre 2025, le contraste est saisissant entre la célébration de la naissance du Messie et l'exploitation de la peur par ceux qui, comme Ebo Noah, prétendent détenir les clés du calendrier divin.
L'arche de la discorde
Tout commence par une « révélation » : le prophète Ebo Noah assure avoir reçu l'ordre divin de construire une arche pour sauver l'humanité d'un déluge de trois ans devant débuter ce 25 décembre 2025. Pour asseoir son message, le prédicateur n'a pas fait les choses à moitié, lançant la construction de dix arches au lieu d'une seule.
Cependant, le salut a un prix. Pour achever ces structures, le prophète a multiplié les appels aux dons, réclamant notamment le financement de 250 000 unités de bois supplémentaires. Une sollicitation qui, pour beaucoup d'observateurs, transforme la foi en un véritable business de la peur.
Un « report » divin qui sème le doute
Alors que l'échéance fatidique arrivait à son terme ce jeudi, Ebo Noah a surpris son auditoire en annonçant que la fin du monde était reportée. L'argument invoqué ? Dieu accorderait un sursis à l'humanité pour permettre la construction de davantage d'arches afin d'accueillir un plus grand nombre de fidèles.
Cette pirouette théologique a déclenché une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux. Entre moqueries, scepticisme et inquiétude, le web s'enflamme face à ce que certains qualifient déjà d'« escroquerie du siècle ». Malgré cela, au Ghana, des habitants continuent de se presser vers les huit arches déjà sorties de terre, illustrant l'emprise psychologique de ces « marchands de la foi ».
La spiritualité africaine face à ses dérives
Cette affaire remet en lumière la vulnérabilité de certaines populations face aux prophéties apocalyptiques. Si les autorités ghanéennes avaient brièvement interpellé le prédicateur en début d'année, elles l'ont relâché au nom de la liberté religieuse. Pourtant, la frontière entre la prophétie et la désinformation criminelle semble ici de plus en plus poreuse.
Les écritures saintes soulignent pourtant l'absurdité de ces prédictions datées : « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul » (Matthieu 24 : 36). En s'autoproclamant détenteur d'un calendrier divin, Ebo Noah s'oppose aux textes mêmes qu'il prétend servir.
Conclusion : Le business du salut
Le cas Ebo Noah n'est que le symptôme d'un mal plus profond. En Afrique, la spiritualité devient trop souvent une prison où des citoyens, en quête d'espoir, finissent par être les victimes de prédateurs spirituels. En ce 25 décembre 2025, la seule chose qui semble avoir pris fin, c'est la crédibilité d'un prophète face au silence du ciel.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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