Funérailles à Ndzentsoh : Le dernier voyage de « Le Blanc » et « Madame Centre » vers l'ancestralité
Les gens disent que « woooooh, les bamiléké dépensent beaucoup sur a mort. » C’est votre argent ? C’est vos morts ? Ils dépensent et ça vous fait mal où ? Vous ne savez pas que ce sont les morts-là qui nous gardent et nous donnent l’argent-là ? En tout cas, en parlant comme vous le faire ça va changer quoi sur nous ? Nous allons toujours organiser les funérailles, la cérémonie des jumeaux, nous allons toujours nous asseoir sur la chaise. Si votre culture être pauvre, c’est chez nous que vous venez-vous plaindre ?
À Ndentsoh, le week-end dernier, la célébration de Papa Nguefak Victor et Maman Nguedia Odette a prouvé que la tradition ne s'incline pas, elle s'impose avec fierté.
Le village Ndzentsoh, dans le groupement Foréké-Dschang, a vibré le week-end dernier au rythme des funérailles de Papa Nguefak Victor et de son épouse Maman Nguedia Odette. Entre traditions séculaires et prestations artistiques de haute facture, Madame Goufak et son époux a rendu un hommage mémorable à ses géniteurs.
Une transition spirituelle au cœur de la tradition Bamiléké
Pour le profane, les noms de feu Nguefak Victor (1928-1996) et de feue Nguedia Odette (1936-2014) peuvent paraître formels. Mais à Dschang, tout le monde connaissait « Le Blanc » — cet homme à l'élégance immaculée — et « Madame Centre ». Le week-end dernier, ils ont franchi la porte de l'ancestralité. Chez les Bamiléké, les funérailles ne sont pas qu’une cérémonie ; c’est l’unique pont permettant au défunt de quitter définitivement le monde des vivants pour siéger parmi les ancêtres.
L’amitié vraie au rendez-vous
Monsieur Goufak Bernard et son épouse n'ont pas eu besoin de cartons d'invitation pour voir affluer une foule immense. C’était le test de « la vraie amitié » : celle qui se déplace sans attendre d'être appelée. Face à cette déferlante de solidarité, il serait bien difficile de compter les absents tant la présence des amis, venus de tous horizons, était massive.
La maestria de l’ATMA et de Guy Tsopmo
L’un des points d’orgue de cette célébration fut sans conteste le spectacle musical. L’orchestre complet de l’ATMA (Asa Telong Music Academy) a ébloui l’assistance pendant les 48 heures des funérailles. Ces enfants, au doigté parfois supérieur à celui de professionnels aguerris, ont conquis les cœurs. Entre le jeu de basse magique de Ringué Bass et la voix cristalline d’Emilia, les doigtés explosifs du jeune Raïs, l’avenir de la musique camerounaise semble assuré. Les enfants de As’a Telong sont une grande flamme qui monte et brille sur le monde.
L’artiste Guy Tsopmo a ensuite pris le relais, transformant la réception en une piste de danse géante. Maniant la langue Yemba avec une dextérité remarquable, il a su faire vibrer les convives. On retiendra notamment les pas de danse élégants du sénateur Anaclet Fomethe, qui n’avait rien à envier aux stars de la musique urbaine actuelle.
L'expertise Téclaire Hôtel Palace
Faut-il encore présenter le savoir-faire de la maison ? Pour ceux qui l'ignoreraient encore, Téclaire Hôtel Palace a confirmé sa position de leader de l'hébergement et de la restauration dans la Menoua. Son service traiteur a offert une gastronomie authentique et responsable, prouvant que l’excellence est une habitude quotidienne pour l'établissement.
Un plaidoyer pour la culture
À ceux qui critiquent les dépenses liées aux funérailles en pays Bamiléké, il va falloir retenir une fois pour toutes que ces cérémonies sont le socle de notre identité et la source de notre protection. « Si votre culture est pauvre, est-ce chez nous que vous venez vous plaindre ? ». L'idée est désormais d'intégrer davantage d'éléments contemporains — déco moderne, arts visuels, musiques du terroir — pour rendre ces moments encore plus attractifs pour les générations futures.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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