La Confédération africaine de football (CAF) a acté la tenue de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) tous les quatre ans, au lieu de deux. Une décision qui suscite l'indignation de certains observateurs, y voyant non seulement un alignement sur le calendrier européen, mais surtout une nouvelle forme de néocolonialisme sportif.
L’Afrique dicte-t-elle encore son agenda ?
L'argument central de la critique est la souveraineté. La CAN n’a pas été créée par la FIFA, mais par et pour les États africains. Dès lors, la fréquence et la saison de la compétition devraient relever de la seule prérogative de la CAF, sans pression extérieure.
Certains y voient une « conspiration contre l’émergence du continent », où les rapports de force dictés par les instances occidentales (FIFA, UEFA) restent problématiques. Il y a quelques mois, l'idée avait même été avancée par certains analystes de démanteler purement et simplement la FIFA et ses démembrements pour repartir sur des bases saines.
Reprendre la main : l'appel aux États et aux investisseurs
Au-delà de la polémique, cette situation interpelle les politiques et les investisseurs africains sur la nécessité de reprendre le contrôle de leur destin sportif.
L’auteur de l'article appelle à un soutien politique et financier accru de la part des dirigeants d’États. Mais aussi à une contrainte légale pour les investisseurs internationaux : affecter un pourcentage (suggéré à 2%) de leurs recettes au Fonds de développement du sport et de la culture dans les pays où ils s'installent. L'objectif est clair : générer des fonds africains pour développer une industrie du sport et des loisirs locale et autonome.
L'autonomie financière, clé de l'émergence
La dépendance aux sponsors occidentaux est jugée contreproductive. Les politiques fiscales doivent désormais inciter les entreprises locales et africaines à s'engager dans le mécénat sportif. L’Amérique du Sud et l’Asie, avec leurs ligues fortes et leurs talents qui n'ont pas forcément besoin de s'expatrier en Europe, sont citées en exemple.
Cette vision aurait le mérite de donner aux jeunes sportifs les moyens de grandir et d'exploser en Afrique ; de rendre le sport local attractif et de mobiliser à nouveau les Africains dans les stades.
Plaidoyer pour une CAN annuelle
L'auteur va même à contre-courant de la décision actuelle en proposant l'inverse : pourquoi ne pas faire de la CAN un rendez-vous annuel ?
Cette fréquence permettrait aux États d'investir rapidement et continuellement dans les infrastructures sportives, et de mobiliser les ressources nécessaires à l'éclosion de l'économie du sport. Car si les talents ne manquent pas sur le continent, ce sont les moyens structurels pour les faire éclore qui font cruellement défaut.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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