Avec le lancement d'une usine de transformation de noix de cajou d'envergure, le Burkina Faso amorce une mutation structurelle de son économie. Ce virage industriel, marqué par une volonté de rupture avec la dépendance extérieure, positionne le pays des Hommes Intègres comme un futur leader de la transformation agricole en Afrique de l'Ouest.
Un pari stratégique à 9,7 milliards de FCFA
L'investissement est de taille : 9,7 milliards de francs CFA pour une capacité de traitement de 10 000 tonnes de noix de cajou par an. Au-delà des chiffres, c'est un signal fort envoyé aux producteurs locaux. Cette usine ne se contente pas de traiter la noix ; elle valorise également la pomme de cajou, un sous-produit essentiel pour les industries brassicoles, la production de jus, de vins, d'éthanol et de vinaigre.
En transformant sur place ce qui était autrefois exporté brut, le Burkina Faso s'attaque directement au déficit de sa balance commerciale en substituant les importations par une production "Made in Burkina".
La rupture avec le modèle de dépendance
Pourquoi le Burkina Faso réussit-il là où d'autres piétinent ? Pour beaucoup, notamment certains observateurs camerounais, cette dynamique interroge sur la gouvernance locale. Le cas burkinabè illustre une volonté de rupture raisonnée. Les dirigeants actuels semblent convaincus que le pays ne doit plus être le « pose-pied » des puissances occidentales.
Cette souveraineté industrielle pourrait s'étendre à l'échelle régionale. L'usine n'est pas seulement un atout pour Ouagadougou, mais un levier pour l'ensemble de l'Espace AES (Alliance des États du Sahel) et une source d'inspiration pour des voisins comme la Côte d'Ivoire, leader mondial de la production brute.
Discipline militaire vs Gestion civile
Ce réveil industriel pose la question du modèle de leadership. Si je reste favorable à une royauté constitutionnelle, force est de constater que la discipline militaire semble ici pallier les carences organisationnelles souvent reprochées aux civils.
Les militaires, lorsqu'ils sont animés par une vision patriotique, possèdent cette rigueur nécessaire pour briser le mythe de « l'Afrique impossible ». Le défi reste cependant immense : transformer cet élan en un modèle durable sans succomber aux travers de la dictature, un piège dans lequel trop de régimes d'exception sont tombés par le passé.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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