La commune de Dschang, à l'instar d'autres municipalités comme Mbouda, a récemment célébré le passage aux actes de naissance numérisés. Si cette avancée technologique est louable, elle ne règle pas le problème de fond : l'accessibilité réelle et l'enregistrement systématique des faits d'état civil.
La leçon du Tribunal de Dschang
L’incendie criminel du Tribunal de Dschang a révélé la fragilité de notre système. En détruisant des archives physiques, les auteurs ont mis en péril l'avenir de milliers de citoyens. Cette paralysie de l'activité judiciaire, qui a duré plusieurs mois, est la preuve que le système manuel est obsolète. Si les services avaient été numérisés en amont, la continuité du service public aurait été préservée malgré les flammes.
Une avancée technologique, mais pour qui ?
La récente cérémonie de remise des premiers actes de naissance digitalisés a bénéficié d'un large écho médiatique et sur les réseaux sociaux. Certes, l’authentification des signatures et la sécurisation par l’archivage électronique constituent une percée majeure. Toutefois, une question demeure : la sécurisation numérique garantit-elle pour autant l’accessibilité des postes d’état civil à tous les citoyens ?
Le véritable défi des collectivités territoriales décentralisées (CTD) n’est pas seulement de stocker des données, mais de faciliter l'enregistrement initial des naissances, des décès et des mariages.
Pour une approche de proximité : le rôle des chefs de quartier
La réponse à ce défi doit être locale. Dans nos communautés, le chef de quartier est la figure de référence. Il devrait devenir un acteur central de la chaîne de l’état civil, au même titre que les centres de santé. En lui confiant la mission de collecter les déclarations et de les acheminer vers les officiers d’état civil, la mairie réduirait considérablement le nombre de citoyens "invisibles" pour l'administration.
L’innovation numérique au service du citoyen
La sécurisation doit s’accompagner d’un mécanisme automatique d’enregistrement. Pourquoi ne pas envisager une application mobile simplifiée ?
Une telle plateforme permettrait aux familles, dès la survenance d'une naissance ou d'un décès, de remplir les informations essentielles (commune, village, identité des parents, lieu de l'événement — qu'il soit survenu à l'hôpital, à la maison ou au champ). Un simple clic enverrait ces données à une Coordination Communale de l’État Civil, chargée de superviser le traitement et l’établissement des actes.
La technologie ne doit pas être une simple vitrine protocolaire, mais un outil d'inclusion pour chaque habitant de la Menoua.
Par Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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