Vie des communautés: Léopold Tamoukou devient Sa Majesté Fô Yaguem de Nshui, dans le groupement Foto
« Le chef c'est le chef on ne choisit pas on ne négocie pas !!! » : S.M. Léopold Tamoukou, chef du village Nshui, groupement Foto dans l’arrondissement de Dschang, lors de son accession au trône de Fô Yaguem.
C’est un événement inédit qu’a organisé Léopold Tamoukou Kemvo et ses proches, contre l’avis de Sa Majesté Momo Soffack 1er, chef du groupement Foto. Il devient ainsi le chef de 3e degré du village Nshui.
Le 4 octobre dernier, Léopold Tamoukou Kemvo a été porté au trône de Fô Yaguem à Nshui. Il a ainsi accompli un rêve qui n’avait fait que trop durer. En effet, si le Chef supérieur du groupement Foto n’avait pas résolu de le tourner en bourrique, multipliant rendez-vous sur rendez-vous, la question n’aurait pas été déposée sur la place publique.
L’acte de Léopold Tamoukou Kemvo est perçu comme un trouble à l’ordre traditionnel pour d’aucuns, et un défi à l’autorité de Sa Majesté pour d’autres. D’ailleurs, lors d’une sortie récente de solidarité à une famille endeuillée, Sa Majesté Momo Soffack 1er a tiré à boulet rouge sur « ceux-là qui, au mépris des us et coutumes, s’érigent en chefs traditionnels » ; annonçant par la même occasion des mesures de rétorsion proportionnées dans les prochains jours.
La vérité, c’est que le groupement Foto est à la croisée des chemins. La gestion du pouvoir communautaire par Sa Majesté Momo Soffack traine tellement de casseroles que l’on pourrait se demander si cela n’est pas lié à la confusion du au pouvoir administratif (il est administrateur civil et sous-préfet) au pouvoir traditionnel.
A la Sous-préfecture de Dschang, le Chef de terre s’est dit surpris par le refus des chefs supérieurs à accéder la demande de leurs sous-chefs. Pour preuve, une chefferie supérieure comme celle de Foto totalise plus d’une cinquantaine de village, mais moins d’une dizaine d’entre elles sont homologués. Parce que le chef supérieur ne donne son onction à son serviteur. Comme conséquence, on assiste souvent à des tensions nées de la scission des chefferies de 3e degré ou de quartiers pour en créer de nouvelles entités traditionnelles. Cela contribue à réchauffer les poches de Sa Majesté.
Par ailleurs, l’harmonie a quitté le peuple Foto de la diaspora. Que ce soit au Cameroun ou en Occident, la communauté est lambeaux, à cause de l’implication directe de Sa Majesté dans son organisation et la désignation de ses responsables. Ce qui n’est pas du goût des membres qui souhaitent désigner leurs responsables en se basant sur leurs rapports et non pas sur la base de la volonté du chef supérieur. A Douala, comme à Yaoundé, deux factions sont aux prises. La faction proche de Sa Majesté est rejetée par la faction qui souhaite désigner ses responsables en toute indépendance.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
Festival International Reconnection (FIR) : le rendez-vous des ancêtres s’installe à Dschang.
Du 5 au 8 février, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang deviendra le centre de gravité d’une quête spirituelle et culturelle profonde, accueillant des délégations venues du Tchad et des États-Unis.
LIRE PLUS...







