Projet Hydroélectrique Intégré de la Menoua : 77 GWh/an et 134 milliards de bénéfice/25 ans.

Projet Hydroélectrique Intégré de la Menoua : 77 GWh/an et 134 milliards de bénéfice/25 ans.

Objectif : Combler le déficit énergétique du département tout en stimulant l’agriculture, l’industrie et le tourisme via un modèle participatif et durable.

Dans le département de la Menoua [superficie 1 380 km², Population (2001) : 372 244 habitants. Densité (2001) : ~270 hab. /km², chef‑lieu Dschang], il est réaliste de viser une petite centrale hydroélectrique de l’ordre de 10 MW en mode « petite hydraulique / run‑of‑river », en s’appuyant sur un cours d’eau de montagne et de reformer le poste de transformation de Ntsinkop, grâce à un montage de financement participatif local (tontines, coopératives, comités de développement, diaspora, privés).

1. Besoins Énergétiques de la Menoua

Demande Actuelle (2025) 

- Consommation totale : ~45 MW, dont urbain (ménages, industries, services) 35 MW et rural (20 villages) 10 MW. 

- Déficit : 15–20 MW (recours aux générateurs diesel, taux d’électrification rurale à 55%). 

Objectif du projet 

- Couverture intégrale : 60 MW pour, 100% des ménages urbains, 90% des villages et le soutien aux zones industrielles émergentes. 

2. Capacités du Projet Nkam-Tsinkop

Centrale Hydroélectrique de la rivière Nkam 

- Puissance installée : 10 MW (base) + 3 MW solaire (appoint saison sec). 

- Production annuelle : 65 GWh (hydro) + 12 GWh (solaire) = 77 GWh/an. 

  - Équivalent à 60% des besoins actuels de la Menoua. 

Poste de Tsinkop Optimisé 

- Capacité de distribution : Passage de 15 MW à 25 MW grâce à un transformateurs 33 kV à haut rendement et un réseau en anneau réduisant les pertes à 8%. 

- Couverture étendue : Alimentation de 10 villages supplémentaires (soit 30 villages au total). 

3. Revenus Projetés sur 25 Ans  

Hypothèses Clés

- Tarif garanti : 60 FCFA/kWh (contrat d’achat avec ENEO/État). 

- Croissance de la demande : +3% annuel (urbanisation, industrialisation). 

- Coûts d’exploitation : 25% des recettes (maintenance, salaires). 

Projections Financières                       

Recettes annuelles (année 1) : 77 000 000 kWh × 60 FCFA = 4,62 milliards FCFA

Recettes totales (25 ans) : ~178 milliards FCFA

Bénéfices nets (25 ans) : ~134 milliards FCFA                 Retour sur investissement : 9–12 ans (selon participation communautaire)

4. Modèle de Financement Participatif

Acteurs et Contributions:

- Communautés locales (30%) : Participation via cession de terres ou travail local (valorisé en actions), avec un minimum d’entrée de 10 000 FCFA/action (plafond de 5 actions/personne).

- Diaspora Menoua (40%) : Plateforme d’investissement en ligne (crypto ou virements)  avec des leviers d'incitations comme des bons de réduction de 15% sur les factures d’électricité familiales.

- Investisseurs privés (30%) : Entreprises locales (agro-industrie) et fonds verts internationaux. Ticket minimum : 5 millions FCFA.

5. Plan de Rémunération des Investisseurs Privés

Taux de rendement garanti : 7% annuel pendant 9 - 12 ans (indexé sur la production électrique).

Modalités :

Communautés 5% en cash + 3% en crédit électricité et priorité des emplois dans le projet.

Diaspora 7% en cash (transfert international) et exonération fiscale partielle

Institutions privées 8% en cash + parts du capital et accès aux marchés publics locaux

Fonds de réserve : 10% des bénéfices alloués à la maintenance et aux extensions.

6. Gouvernance participative 

- Mettre en place un comité de pilotage local : représentants des villages, mairies, chefferies, coopératives et services déconcentrés (MINEE, environnement).

- Instaurer un comité de suivi communautaire : suivi des emplois locaux, des retombées économiques (électrification de x villages ou groupement, connexion de y ménages) et de la protection des cours d’eau.

- Prévoir une politique de tarifs sociaux et productifs, des tarifs incitatifs pour artisans, PME et agro‑transformation afin de maximiser l’impact économique local.

7. Retombées Économiques Multisectorielles

 Agriculture 

- Irrigation électrifiée de 500 ha de terres cultivables supplémentaires (café, cacao, légumes). 

- Réduction de 40% des pertes post-récolte grâce aux chambres froides.   

- Moulins électriques augmentant la productivité de 30%. 

- Création de 1 200 emplois saisonniers. 

Industrie 

- Zones industrielles : Réduction des coûts énergétiques de 50% pour 50 PME, attraction de 5–10 nouvelles unités de transformation. 

- Innovation : Ateliers de réparation de matériel agricole électrifiés et production locale d’engrais bio (énergie pour unités de compostage). 

Tourisme

- Écotourisme : Valorisation des chutes de la Nkam (sentiers, écomusée), création de 20 gîtes ruraux alimentés en énergie verte. 

- Tourisme culturel : Festivals annuels (danse Bamiléké, artisanat) boostés par un éclairage public fiable. 5 000 visiteurs/an attendus (+2 milliards FCFA de recettes touristiques en 10 ans). 

8. Rôle des Institutions Publiques

Agence d’Électrification Rurale (AER) 

- Subventions : Prise en charge de 30% des coûts de raccordement rural. 

- Formation : Programmes pour 200 techniciens locaux (gestion de micro-réseaux). 

FEICOM 

- Fonds de garantie : Couverture de 50% des prêts aux coopératives agricoles. 

- Infrastructures : Financement de 10 km de routes pour désenclaver les zones de productions et les sites touristiques. 

Ministère de l’Énergie 

- Cadre légal : Simplification des procédures d’autorisation (délai réduit à 6 mois). 

- garantir un plafond de 60 FCFA le KW sur minimum 12 ans. 

9. Défis et Atténuation 

Variabilité climatique : Bassin de rétention d’eau + panneaux solaires hybrides

Conflits fonciers : Médiation par les chefs traditionnels + compensation en actions du projet

Financement diaspora : Campagne de sensibilisation via les réseaux sociaux et associations locales.

Conclusion : Ce projet, en combinant autonomie énergétique et développement multisectoriel, positionne la Menoua comme un modèle d’économie verte en Afrique centrale. Les revenus stables sur 25 ans et les retombées transversales justifient l’investissement participatif, sous réserve d’un engagement fort des pouvoirs publics et des communautés.

Sob Amyn FOUEJEU.