Si le Cameroun ne révolutionne la culture du kanfrè, le taro typique va disparaitre.

Si le Cameroun ne révolutionne la culture du kanfrè, le taro typique va disparaitre.

Le féculent qui permet d’obtenir le taro est en voie de disparition dans le département de la Menoua. Le bassin de Santchou a été victime d’une attaque en 2017 et depuis, cette plante est de plus en plus rare. Le taro symbolise l’ouverture, l’amitié, le partage, l’humilité.

Le féculent de taro a deux grandes variétés : le kanfrè et le mbang. La particularité des premiers est qu’il peut être aussi consommé sans accompagnement, contrairement au mbang qui doit être pilé et mangé avec de la sauce. Cette plante d’origine asiatique a été introduite en Afrique via l’Egypte dans le cadre des échanges.

Le kanfrès, variante du macabo est touffue de fibres, avec une texture légèrement mi-moelleuse mi-rugueuse. Même si on ne le brûle pas, on peut le cuire avec la peau ou sans peau, le manger avec des légumes sautées, le koki, avec la pâte d’arachide ou le met de pistache, ou avec la soupe aux feuilles de haricots.

Le mbang est récolté, cuit et pilé dans un mortier. La sauce d’accompagnement peut être jaune, noire, ou tout simplement faire des feuilles cuites, écrasées et assaisonnées de la même plante. Sous cette forme, il prend l’appellation taro.

Le taro est un plat traditionnel camerounais. Il prend l’appellation « achu » dans la région du Nord-Ouest. Il est sacré parce que incontournable pour l’organisation de divers cérémonies et rituels.

Pour les cérémonies traditionnelles, le taro est incontournable.  Pour les funérailles ont doit percer la sauce, c’est-à-dire en offrir aux ancêtres. Pour conclure une entente ou sceller une amitié, les parties partagent le taro qu’ils « descendent » avec du vin de raphia.

Le taro présente des vertus thérapeutiques. Lorsqu’on a un abcès et même le panaris, on prend un mbang que l’on jette au feu jusqu’à ce qu’il chauffe bien, puis on masse l’endroit avec. Cela facilité le sortie du pu  et la fin de la douleur.

Augustin Roger MOMOKANA