Les malhonnêtes veulent mettre fin aux tontines. Ils empruntent de l’argent des tontines pour envoyer leurs enfants à l’étranger, pour doter les femmes, pour renforcer leur business, pour acheter des voitures, pour crâner, pour chercher les filles. Mais dès que pointe l’échéance du payer, ils disparaissent de la circulation, changent de ville, ou deviennent des fidèles des églises un genre un genre.
Ces bénéficiaires insolvables de nos tontines sont bien conscients que la tontine est l’outil de développement des membres de la communauté. Grâce à la tontine, aucun membre de la communauté ne peut demeurer sans abri, grâce à la tontine, aucun membre de la communauté ne peut vivre dans la mendicité. La tontine, au-delà, est un outil de socialisation, de promotion de la citoyenneté responsable, de préservation des cultures.
A Bayangam, une chefferie supérieure dans le département du Nkoung-Khi dans l’Ouest-Cameroun, l’insolvabilité au sein des associations a franchi le Rubicon. Tant et si bien que, au vu de la densité et de la récurrence des plaintes, le chef supérieur du groupement, Sa majesté Fô POUOKAM II a pris une décision qui fera date dans l’histoire de la tontine.
Comment ça se passe quand on veut emprunter de l’argent ?
Généralement, lorsqu’un membre veut emprunter de l’argent, il trouve un ou des avaliseurs. Ce sont d’autres membres qui s’engagent sur le fait que l’emprunteur remboursera l’argent que l’association lui a prêté. Curieusement, l’avaliseur n’a aucune relation particulière avec l’emprunteur, mais ils acceptent de cautionner son acte. Ainsi, l’emprunteur reçoit l’argent sans aucun engagement contraignant. L’association lui fait confiance. Les honnêtes membres remboursent, ou reconduisent en cas de difficultés, tandis que les malhonnêtes disparaissent avec l’argent de la réunion. Ces indélicats ont les mêmes manières : après avoir reçu l’argent, ils cotisent une fois, deux fois, et arrêtent sous un temps, avant de disparaitre du milieu et parfois de la circulation.
Comment le chef supérieure Bayangam résout la question ?
Chaque maladie a son remède. Interpelé par plusieurs associations de sa communauté, Sa Majesté le Fô des Bayangam a pris une décision sage : plus question d’avaliseur dans les tontines. Chacun portera désormais sa charge. Ainsi, pour obtenir le prêt, le membre d’une association doit justifier sa demande et si la réponse est favorable, faire la décharge avec la copie de sa carte nationale d’identité au verso de laquelle il signera trois fois. En cas d’insolvabilité, l’association devra saisir un huissier pour se faire rembourser l’argent emprunté.
Sanctionner l’insolvable
Une personne qui a emprunté de l’argent dans l’association et qui refuse de le restituer est soumis à la justice coutumière. Vous remettez ou vous ne remettez pas l’argent d’autrui ? Si vous fuyez pour aller vous cacher dans les églises comme c’est de plus en plus le cas, alors vous devenez une personne indésirable dans le village, vous callez une fois en ville. Même votre corps ne pourra pas être enterré au village. On parle encore de votre deuil ? Vos gens vont vous pleurer, vous enterrer et faire vos funérailles en ville.
En conclusion
Avant de fuir avec l’argent des gens sachez qu’il y a le karma, mais il y a aussi la prison du village. Le Karma va prendre vos enfants que vous avez élevés avec l’argent des gens. Pendant que les membres de la réunion se plaignent de vous, croyez-vous que vos enfants vont vivre paisiblement ? À côté, vous enterrer en ville c’est jeter votre corps aux chiens. Chez nous, même le corps du nouveau-né bénéficie de la plus grande attention des hommes.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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