Pour l’amour de la patrie : le dernier cri du Général Tanganyika. [Komiaza]

Pour l’amour de la patrie : le dernier cri du Général Tanganyika. [Komiaza]

L’histoire a eu lieu 6 juillet 1956 à Nyeri au Kenya, dans l’Afrique de l’Est. Le Général Tanganyika, chef du bataillon Hika Hika des Mau Mau, est exécuté par le régime colonial britannique.

Le 10 avril 1956, l’unité du Général Tanganyika fut encerclée à la frontière d’Embu. Deux jours de combat acharné, des pertes lourdes des deux côtés. Finalement capturé, torturé et humilié, le Général Tanganyika fut sommé de renoncer à la lutte. Il refusa.

Et, le 8 mai, enchaîné devant un tribunal colonial, il se dressa fièrement et lança au juge impérial :

« Je ne regrette rien. J’ai mené mon peuple pour la terre et la liberté. Mourir vaut mieux que vivre esclave dans mon propre pays. Que vous m’enfermiez ou me tuiez, la lutte continuera. C’est une lutte noble, une lutte juste — pour la dignité et la liberté de mon peuple. »

Un mois plus tard, le juge se fit présenter le Général à qui il demanda s’il avait un dernier mot avant l’exécution de la sentence. Le Général Tanganyika répondit calmement :

« Ne me plaignez pas. J’assume le même sort que mes frères tombés sous vos balles. Je reste fidèle à mon peuple et à ma patrie. C’est l’indépendance ou la mort.

Vous pouvez prononcer votre jugement — je n’ai pas peur de mourir. Je laisse à mon pays et à mes compagnons mon amour sans limite. Ici, je me tiens. »

Puis, en signe de défi, il cracha sur le sol du tribunal avant d’ajouter :

« Me tuer ne fera que renforcer la détermination de mon peuple à se libérer. Nous ne serons plus jamais vos esclaves. Mon seul regret est de ne pas être là pour célébrer la liberté de mon pays. »

Source : Pour l'amour de la Patrie