Quatre jours après sa prise de fonction à la tête de la république de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina a nommé le banquier Herintsalama Rajaonarivelo aux fonctions de Premier Ministre. La transition durera 730 jours soit deux ans. Elle est placée sous le signe de la Refondation et de la restauration de la confiance des Malagasy dans leurs institutions.
Cela pourrait surprendre une partie de l’opinion : comment les Malagasy ont-ils pu dealer avec les soldats pour retirer le pouvoir au Français Andry Rajoelina qui voulait diriger depuis son exil, avec l’appui de la France dont il a obtenu la naturalisation en 2014 ?
A la vérité, la Gen Z a vu venir les manigances de son président avec les puissances étrangères. Depuis son accession par coup d’Etat à la magistrature en 2009, Andry Rajoelina n’a réalisé aucun investissement personnel dans le pays. Pourtant, ses comptes bancaires et ses biens immobiliers ne cessaient de se multiplier en France et dans les Emirats Arabes Unis.
Autant d’exportations, sous les yeux hagards de ses concitoyens dans la pauvreté et le dénuement, auxquels ajouter les coupures d’eau et d’électricité, la corruption catastrophique et un système de santé dépassé. Les soldats du Capsat ou Corps d’Armée du Service Administratif et Technique n’ont donc pas hésité à répondre favorable à la demande de la population de se joindre à elle pour manifester contre la situation préoccupante du pays.
La remise des attributs du chef de l’Etat au Colonel Michaël Randrianirina, figure centrale du mouvement, est une preuve que les Malagasy n’ont pas versé dans l’illégalité constitutionnelle. Généralement, les militaires, dès leur prise du pouvoir par la force, dissolvent les institutions de l’Etat et mettent en place un régime qui obéit à une charte taillée sur mesure. Ça n’a pas été le cas, parce que les militaires qui ont reçu le pouvoir sont tout de même encadrés par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) qui, ayant constaté la vacance de la présidence de la république a invité le « colonel du peuple » à assumer les fonctions de Chef de l’État.
Ce qui est attendu du Colonel Michaël Randrianirina, c’est la mise sur pied d’un gouvernement de transition d’abord, puis la préparation et l’organisation de l’élection présidentielle dans les délais prévus par la constitution. Cela sous la bienveillante attention du HCC. L’urgence était d’apaiser et reprendre le cours normal de la vie quotidienne, après les manifestations lancées en septembre dernier et dont le bilan fait état de 22 morts (ONU). Pour l’heure tout semble sur le bon pied, mais reste à savoir combien de temps les militaires se maintiendront au pouvoir.
Ce qui embête à Madagascar, c’est la longévité des membres de la HCC au pouvoir et surtout le risque de voir le Colonel Michaël Randrianirina ramener au gouvernement des figures déjà connues des Malagasy qui veulent découvrir de nouveaux visages pour croire que la refondation annoncée par le nouvel homme fort du pays n’est pas un simple verbiage.
A Madagascar, on se rit des condamnations de l’Union Africaine, ONU et consorts. S’indignant que ces organisations n’aient rien dit ou rien fait pendant que la situation s’empirait. « Allez-là-bas avec vos sanctions ! »
Les Malagasy avaient mis en garde leur nouveau chef de l’Etat sur la nomination d’un homme politique connu. Le Colonel Michaël Randrianirina leur avait promis que cela ne se fera pas. Et ce lundi 20 octobre 2025, c’est le banquier Herintsalama Rajaonarivelo, président du conseil d’administration de la BNI, qui a été nommé Premier Ministre.
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
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