Les financements africains des médias occidentaux dénoncés par le Capitaine Ibrahim Traoré.[Komiaza]

Les financements africains des médias occidentaux dénoncés par le Capitaine Ibrahim Traoré.[Komiaza]

Rfi, France 24, Jeune Afrique, Le Monde et bien d’autres émargeant aux budgets des Etats Africains. Ces médias n’écument plus seulement les palais et les ministères, ils ont réussi à intégrer certaines entreprises africaines dans leurs conseils d’administration.

Comment ça va ? Salut tout le monde. On ne gagne rien avec les médias. Ca ne rapporte pas directement de l’argent. Raison pour laquelle de nombreux médias ne résistent pas au temps, ou bien ils vont se mettre à la solde des pouvoirs financiers pour devenir comme des tireurs à gage.

Voici ce qu’il faut savoir : « faisant l’arbitrage budgétaire en 2024, je me suis rendu compte de quelque chose de très grave, et ça se passe dans presque tous les pays africains, surtout les pays francophones. Vous imaginez que dans toutes nos institutions, dans tous les ministères, il y avait des lignes budgétaires réservées uniquement pour ces médias-là (…) donc, un transfert systématique vers des médias comme Jeune Afrique, Le Monde et ainsi de suite et ils nous envoient leurs journaux. Donc, qu’on veuille lire ou pas, notre budget était transféré à ces médias-là qui écrivent souvent pour nous détruire. Ça se passe dans presque tous les pays africains, et surtout francophones. Mieux, ils ont trouvé des stratagèmes de trouver dans nos pays des sociétés, généralement des sociétés d’Etat, qui sont vraiment posées financièrement, pour être actionnaires de leurs médias. Vous savez qu’un média ça ne produit pas forcément quelque chose.  Donc si vous êtes actionnaires, très souvent vous êtes amené à injecter de l’argent pour permettre le fonctionnement de la chose parce que vous n’attendez pas un bénéfice. On vient de découvrir il n’y a pas très longtemps, avec le nouveau directeur général d’une société qui est arrivé dans une société, il se trouvait que le Burkina Faso est actionnaire de ces médias-là. En conseil d’administration il s’était agi de transférer de l’argent : c’est ce qui se passe d’habitude. Il a pris le soin de rendre compte pour comprendre et nous avons demandé d’arrêter cela automatiquement et de sortir de leur capital. Certes, ils ne pourront pas nous rembourser ce qu’ils nous doivent, mais on ne va pas continuer  à leur verser de l’argent chaque année. Au Burkina Faso, par exemple, c’est la Lonabe qu’ils avaient ciblée. C’est la Lonabe qui était actionnaire au niveau d’un média comme Jeune Afrique. Donc il va de soi que ces médias-là soient foncièrement contre nous. Ils ne pourront jamais bien parler de nous, ils ne pourront pas permettre à ce que nous-mêmes continuons à les alimenter. Ça se passe dans beaucoup de pays, et ce serait bien que tous les pays africains se réveillent et que nous arrêtons cela. Ils passent par plusieurs manières en faisant du chantage à des Etats, à des chefs d’Etat, à des opérateurs économiques qui versent de l’argent chaque année pour qu’ils parlent bien d’eux. Il faut que les africains comprennent que ces gens font tout à travers la communication pour les détruire. Et à un moment donné il faut dire « stop ! » et prendre le relais nous-mêmes.  Voilà pourquoi j’ai interpelé les communicateurs et les hommes de médias pour que nous communiquions pour notre patrie. C’est la meilleure chose. Rien que les conflits en Afrique, regardez les dégâts que cela fait ! Il faut que nous comprenions que la communication est une arme redoutable. C’est dangereux pour nous lorsqu’ils communiquent, mais c’est à leur avantage lorsqu’ils communiquent contre nous. Donc il y a un choix à faire. Il n’y a pas quelqu’un qui puisse prendre la parole… dès que nous prenons la parole pour parler il n’y a pas d’impartialité. Vous prenez parti. Donc qu’on se dise aujourd’hui journaliste ou communicateur, vous ne pouvez pas être impartial. Il faut que les gens choisissent : soit ils sont pour la patrie soit ils sont contre la patrie. (RTN)

Regard de Komiaza : les camerounais ont donc compris pourquoi lors des grands événements (la fête du 11 février et celle du 20 mai) les magazines d’un ancien de Jeune Afrique sont distribué aux VIP et à un large public. Très belle lecture du Président Ibrahim Traoré. Les médias, tout comme les organisations non gouvernementales et les artistes sont des couteaux à double tranchants. Les Etats doivent leur accorder plus d’attention sans compromettre leur liberté et sans s’ingérer dans leur gestion. Cela passe forcément par le financement public des activités de ces grands partenaires nationaux. Au lieu de financer les médias étrangers, vaudrait mieux aider les médias nationaux à se restructurer pour informer utilement des affaires de l’Etat.  La même pratique est observée au Cameroun concernant le « Quotidien gouvernemental ». Un abonnement quotidien est imposé aux administrations et entreprises publiques.

Prochaines étapes : si ces vivres sont coupés, il va sans dire que les Etats africains auront à faire face à une déferlante de chantage par les médias occidentaux. Il faut rompre avec la pratique dénoncée, mais prendre des dispositions pertinentes pour non seulement répondre en cas d’attaque, et de construire des médias africains solides. L’AES, par exemple, doit se doter d’un groupe de presse suffisamment solide pour valoriser ses actions et capable d’aller faire sa propagande chez les occidentaux.

Le Capitaine Ibrahim Traoré a annoncé qu’il va créer et multiplier des événements d’envergure afin que les journalistes et les communicateurs de son pays aient de qui parler à un large spectre de leur pays. Le Forum international d'investissement FIIB 2025 a réuni un millier de participants de 48 pays avec la Chine comme invitée d’honneur, le Mali, le Niger et le Ghana en tant que pays invités spéciaux.

Conséquences : le chantage va être accru, les faux médias africains vont être créées, des médias africains seront parrainés et financés dans le but de faire obstacle à la volonté de libération de l’Afrique. Comment donc procéder dès lors que cela doit se faire sur un double plan : le plan mental et le plan financier et technique. Au plan mental, il va falloir déconstruire les mentalités et les pratiques journalistiques sur le continent. Reformater ces journalistes prêts à tous pour de l’argent.  Au financier et technique, il s’agira pour les journalistes d’intégrer le faire qu’être « patriote » ne signifie pas violer l’éthique professionnelle. Par ailleurs, être outillé pour la gestion d’entreprise de presse est une nécessité pour les professionnels africains.

Augustin Roger MOMOKANA