Présidentielle 2025:le Cameroun tel qu’il pourrait être redessiné après le 12 octobre 2025 [Komiaza]

Présidentielle 2025:le Cameroun tel qu’il pourrait être redessiné après le 12 octobre 2025 [Komiaza]

L’enjeu majeur de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 c’est la refondation du Cameroun. Cela se fera-t-il avec sous la Deuxième ou sous la Troisième République ? Peu importe, les Camerounais doivent en décider par votes. (Komiaza)

Comment ça va ? Salut tout le monde. La campagne électorale s’achève ce samedi 11 octobre 2025 à minuit. Cela fera exactement deux semaines que la vie nationale vibre aux rythmes des arguments des différents candidats dans le but de conquérir le somptueux palais d’Etoudi. Pendant cette campagne électorale, chaque candidat a sorti ses tripes dans l’espoir d’être celui qui, parmi les 12 prétendants, sera choisi par les citoyens-électeurs pour occuper la charge suprême. Aujourd’hui il s’agit, plus que par le passé, de donner un nouvel élan au Cameroun afin de le libérer des maux et fléaux qui le rongent depuis l’indépendance le 1er janvier 1960. Aussi, le nouveau président de la République aura une pression jamais commue par ses prédécesseurs : la refonte totale des institutions et l’engagement du Cameroun sur un nouvelle vision.

Voici ce qu’il faut savoir : le premier enjeu majeur sera la refonte des institutions. Il s’agit de doter le Cameroun d’une nouvelle constitution, de lui insuffler une nouvelle énergie pour rompre d’avec les pratiques mafieuses du passé. Ouvrir de nouvelles habitudes, viser de nouvelles opportunités, insuffler aux Camerounais un nouveau sentiment patriotique, etc.

Au lendemain de l’éclatement de la crise dite anglophone (sept 2016), les Camerounais ont demandé le retour au fédéralisme, mais le président Paul Biya a opté pour une décentralisation centralisée. Parce que, dit-il, le Cameroun est un Etat un et indivisible. Près de dix ans après, les problèmes sont demeurés les mêmes et la gestion locale en a pris un sérieux coup. Sous la décentralisation, les collectivités territoriales connaissent plus de problèmes que jamais. 

Regard de Komiaza : la fédération de six régions pleinement autonomes, mais sans possibilité d’autodétermination, serait une voie de salut pour le Cameroun. En termes de régions l’on pourrait projeter :

  • La Région des Mandara (Adamaoua, Nord)
  • La Région de Kousseri (Extrême-Nord)
  • La Région du Lom Pangar (Est)
  • La Région de la Sanaga (Centre, Sud)
  • La Région du Wouri (Littoral, Sud-Ouest)
  • La Région des Bamboutos (Nord-Ouest, Ouest)

La Région est placée sous l’autorité d’un Gouverneur élu par les populations pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois. Chaque Région se dote d’une Assemblée législative et  d’un Gouvernement local. Les députés locaux (Représentants) sont élus pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois.

Le Gouvernement local est nommé par le Gouverneur parmi les fonctionnaires mis à la disposition par le gouvernement fédéral. Le Gouvernement local compte quinze postes au maximum: économie, aménagement du territoire et investissements, coopération, santé et bien-être, agriculture, éducation et formation professionnelle, environnement et ressources énergétiques, technologies et identité nationale, sécurité publique, artisanat et tourisme, culture et sport, ressources humaines et Camerounisation, logement et sécurité alimentaire, entreprenariat et jeunesse, droits de l’homme et éducation à la citoyenne.

Prochaines étapes : les orientations idéologiques des partis politiques devront être adaptées à la configuration du Conseil Fédéral. Ainsi les partis politiques devront appartenir à l’un des blocs : Démocrates, Républicains, Conservateurs, Modérés. Ceci impose des élections primaires au sein des blocs. En conséquence, seuls les candidats déclarés vainqueurs aux primaires postulent à la fonction présidentielle. Ainsi, à l’issue de l’élection présidentielle, le Conseil Fédéral est composé selon l’ordre protocolaire ci-dessous :

-  Président fédéral : celui des candidats ayant réalisé le plus grand suffrage ;

- Président de l’Assemblée Nationale ;

-  Président du Conseil Supérieur de la Magistrature : celui des candidats ayant réalisé le deuxième meilleur suffrage ;

-  Président du Haut Conseil de Sûreté et de la Défense Nationales : celui ayant réalisé le troisième meilleur suffrage ;

-  Secrétaire Général du Conseil Fédéral : celui des candidats ayant obtenu le quatrième suffrage.

Il est à noter que le Président de l’Assemblée Nationale est issu des élections législatives organisées au suffrage indirect. Peuvent faire acte de candidatures : les anciens conseillers municipaux, les anciens représentants ou membres de l’assemblée législative (Région), les représentants de la société civile, les représentants de l’organisation fédérale des enseignants, les représentants de l’organisation fédérale des personnels de la santé, l’organisation fédérale des auxiliaires de justice, les représentants des réservistes des armées. Le corps électoral est composé des élus locaux et régionaux, des membres des bureaux des fédérations des unions des organisations de la société civile.

Les différents pouvoirs sont indépendants. Cependant, le Conseil Fédéral placé sous le Président de la République est un cadre de concertation préalable sur les questions de souveraineté : la sûreté et la défense nationales, la coopération internationale, l’industrialisation, l’endettement de l’Etat, l’aide bilatérale et multilatérale, la formation du Gouvernement fédéral au prorata de leurs suffrages, etc.   

Le Gouvernement Fédéral comprend : le Première ministère, la Sûreté et la Défense Nationales, les Affaires étrangères et la Coopération internationale, la Budgétisation et de la Promotion de l’Innovation,  la Recherche Scientifique et le Développement Technologique, la Culture et le Sport, les Ressources minières et l’industrialisation, les Infrastructures et les Transports, les Ressources humaines et le Développement durable, La Justice et la Sécurité publique, la Diaspora et les Relations avec les Régions, soit un total de dix départements ministériels.

Le Conseil de Ministres réunit les ministres fédéraux autour du Premier Ministre qui est le chef du gouvernement. Il gère toutes les affaires intérieures et extérieures, c’est-à-dire les affaires de leur compétence directe et celles qui relèvent de la compétence des Régions. Le Cameroun s’interdit les nominations de ministres d’Etat, ministres délégués, Secrétaires d’Etat. Il promeut les Directeurs Généraux, les Directeurs, les Sous-directeurs, etc. cela dans le but de réduire les dépenses de l’Etat.  Par contre, l’option plausible serait d’adopter la dotation de divers ministère d’agences spécialisées dont la feuille de route serait la prospective et l’innovation dans le but pousser les ministères à réaliser de projets ambitieux.

Conséquences : l’organisation administrative du territoire national devient : Etat Fédéral, Régions, Communes, Districts. Ce qui s’appelle Département aujourd’hui devient l’Agglomération des Territoires de la Menoua (exemple). Le territoire étant la  Commune (territoire à majorité urbain) ou le District (territoire à majorité rural). Ainsi, les communes et les districts deviennent les responsables du foncier. Les fonctions de gouverneur, préfet et sous-préfet nommés sont supprimées.

Le Comité Consultatif des Gouverneurs est un cadre de concertation des Gouverneurs de Région. Il traite des questions relatives aux Régions, en vue d’harmoniser leurs problématiques, d’en élaborer les recommandations et les avis au Gouvernement Fédéral.

Le Conseil des Communes est une assemblée annuelle de tous les Maires issus des six régions. Il traite des politiques régionales et fédérales des collectivités locales.

Augustin Roger MOMOKANA