Cameroun : certains politiciens sont pires que les maîtres coloniaux [Komiaza].

Cameroun : certains politiciens sont pires que les maîtres coloniaux [Komiaza].

Imposer aux milliers de travailleurs de la CDC de voter le candidat Paul Biya ou d’être traités comme des voleurs relève du chantage, d’une coercition politique et d’une atteinte aux droits du travailleur de voter librement.

Comment ça va ? : Salut à tout le monde. « Rémunérer les employés pour leur travail acharné ne doit jamais être considéré comme une faveur. Il s'agit d'une obligation légale et morale de la part de l'employeur. »  Vous n’y étiez pas, mais vous avez l’information. Les employés de la CDC (deuxième employeurs après l’Etat) ont reçu mardi 7 octobre 2025 à Limbe leurs arriérés de salaire datant de plusieurs années. (Komiaza).

Voici ce qu’il faut savoir : des centaines d’employés de la CDC (Cameroon Development Coorporation) ont reçu de l’argent représentant plusieurs années d’arriérés de salaires. Beaucoup ont risqué leur vie pour maintenir l’entreprise alors que les attaques séparatistes étaient récurrentes et meurtrières dans la zone. A l’occasion et prenant la parole, le chef supérieur des Bafaws à Kumba, Nfon Mukete IV Ekoko, par ailleurs sénateur nommé par le président Paul Biya s’est permis de dire que « les agents du CDC qui ont reçu leurs salaires aujourd'hui, nous les surveillons, s'ils ne votent pas pour le président Paul Biya, nous les traiterons de voleurs.» Le dignitaire traditionnel et politique qui parle ainsi est né une cuillère en or dans la bouche, il ne peut pas savoir ce que c'est que de « travailler pendant des années sans être payé » (@MimiMefoInfo).

Regard de Komiaza : le règlement des arriérés de salaires à la CDC intervient à la veille d’une importance échéance électorale qui met en jeu le fauteuil du président de la République. La sortie du chef supérieur des Bafaws, Nfon Mukete IV Ekoko, pourrait laisser penser que le paiement du salaire aux travailleurs n’est pas un droit pour l’employeur, mais un acte de générosité qui impose aux bénéficiaires une contrepartie qui, dans ce cas est un plébiscite en faveur du candidat du Rdpc, S.E. Paul Biya.

Prochaines étapes : le droit du travailleur ne saurait être transformé en outil de la campagne électorale. La déclaration du monarque présume que les dirigeants de la CDC pourront procéder à une chasse aux sorcières parmi les employés si le suffrage exprimés dans les bureaux de vote de la CDC n’est pas conforme ou proche de leurs attentes. Aussi les syndicats des travailleurs doivent être plus que jamais vigilants et dénoncer fermement toute tentative de musellement des libertés des travailleurs.

Conséquences : le scrutin présidentiel dans les campements de la CDC risque d’être une fraude massive. La menace du sénateur laisse présager non seulement les menaces de répression, mais aussi celle de la rupture de contrat. Ce qui pousserait les travailleurs non pas à opter pour un choix démocratique, mais en faveur de celui qui préserve leur emploi. Le chantage et la coercition politique ne doivent être tolérés ni par les autorités administratives ni par ELECAM qui organise et supervise l’élection présidentielle et encore moins par les organisations de défense des droits humains en général et des travailleurs en particulier.

Augustin Roger MOMOKANA