Cameroun : comment s’appelle celui qui refuse de payer la pension retraite aux ex-agents de l’Etat?

Cameroun : comment s’appelle celui qui refuse de payer la pension retraite aux ex-agents de l’Etat?

#Komiaza.com – M. NGINTEDEM Norbert broie du noir à Tchuelekouet, groupement Bangang, dans le département des Bamboutos. Dimanche dernier, en compagnie de l’un de ses anciens élèves, nous avons croisé son chemin. Il trainait son corps sur le chemin de la paroisse.

« Je suis NGNINTEDEM Norbert, Instituteur Principal de l’Enseignement Général Hors Classe. Je n’ai jamais reçu ma pension retraite. Je suis au village. Ce sont les enfants qui m’habillent. Aujourd’hui c’est dimanche, je viens de la messe. »

De nombreux camerounais se souviennent, lors de la grève des OTS en 2023, l’instituteur retraité avait été mis sous les feux des projecteurs grâce à une vidéo virale sur les réseaux sociaux. Il y relatait ses misères, suppliant l’Etat de lui payer sa pension retraite.

La situation de M. NGINTEDEM Norbert était parvenue aux hautes autorités de l’Etat, notamment le ministre de l’Education de base et celui de la Fonction publique qui avaient annoncé des mesures immédiates pour la régularisation de la situation. Les syndicats d’Enseignants avaient sauté sur l’aubaine et deux autres dont l’enseignant tombé l’arme à la main, après plus d’une dizaine d’années sans salaire. Ces nouveaux cas avaient durcit le ton et  complexifié la paralysie de l’enseignement.

« J’ai été directeur d’école pendant 29 ans. Je n’avais jamais détourné l’esprit d’un enfant. Comment se fait-il qu’à la retraite je devienne malheureux ? J’ai honte de rencontrer mes élèves qui m’appellent et m’envoient 2000 FCFA pour acheter un Vinosol. J’ai honte. Ils savent que je ne suis pas à l’aise. Il faut que l’Etat qui m’a employé puisse penser à ma situation. »

Curieusement, aujourd’hui, il est surprenant de constater que les promesses de l’employeur sont restées de vains mots. Les syndicats qui s’étaient saisi de la situation de cet ancien fonctionnaire l’ont abandonné alors que son cas était sur la table, faisant valoir pourtant que grâce à eux M. NGNINTEDEM Norbert est sur le point de rentrer dans ses droits. Ça ne se passe pas au Cameroun comme on promet. Il faut suivre le dossier !

« Ceux qui me rencontrent disent qu’on m’a payé ma pension retraite. Il n’en n’est rien du tout. On ne m’a rien payé. C’était une fraude. Je suis allé à la banque, il n’y avait rien…et ce jusqu’à présent. C’était verbal, il n’y avait rien de concrétisé. Ma pension de 31 ans 21 jours, c’est ce que j’attends de l’Etat du Cameroun.»

Aujourd’hui, l’instituteur retraité se déplace sur des béquilles. Face aux misères endurées, il dit avoir confié sa vie à Dieu, adopté le chapeau large bord pour souvent passer discrètement. A la question de savoir si entre temps il s’est rendu à Yaoundé, il répond que son état physique l’empêche de dire qu’il va aller faire le pied de grue à Yaoundé.

« La misère m’étouffe. J’ai honte ! On dirait que j’avais faussé le matricule 0650030y. Je suis parmi les 100 premiers fonctionnaires de la République. Ayez pitié de moi ! Ma pension de 31 ans 21 jours, c’est ce que j’attends de l’Etat du Cameroun.»

Ce que M. NGINTEDEM Norbert réclame à l’Etat du Cameroun c’est sa pension retraite qui représente « 31 ans 21 jours ». Il ne s’agit pas d’un aide, mais d’un dû, du prix d’un emploi rempli avec honneur et patriotisme.

« Il faut que le Ministre de l’Education de Base et le Ministre de la Fonction Publique puissent penser à moi. Je n’ai eu aucune interruption pendant 35 ans.»

Augustin Roger MOMOKANA