Cameroun2025 : « beaucoup de situations dans notre pays constituent une menace pour la paix. »

Cameroun2025 : « beaucoup de situations dans notre pays constituent une menace pour la paix. »

#Komiaza.com - Mgr Emmanuel ABBO, évêque du diocèse de Ngaoundéré appelle les Camerounais, quels qu’ils soient, de contribuer sincèrement à la préservation de la paix au Cameroun. Dans une homélie virale sur les réseaux sociaux, le prélat constate qu’il existe une catégorie de Camerounais qui attisent la crise.

L’inquiétude de Mgr Emmanuel ABBO

A travers une série de questionnements, l’évêque de Ngaoundéré dresse un portrait-robot du Cameroun à la veille de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il s’agit d’un pays où les citoyens ordinaires sont exposés à toutes sortes de calamités :

-  est-ce que les enfants des pauvres peuvent encore espérer obtenir un emploi dans notre pays ?

-  peut-on passer un concours ou espérer une promotion sans être parrainé ?

-  les pauvres peuvent-ils encore se soigner dans les hôpitaux ?

-  les pauvres peuvent-ils encore immatriculer leurs terrains ?

-  les enfants des pauvres peuvent-ils avoir accès à une éducation de qualité ?

-  peut-on encore espérer avoir un service gratuit dans nos services publics ou privés?

-  est-ce que les pasteurs, les prêtres et même les évêques  accueillent, écoutes, servent les fidèles d’égale manière ?

-  est-ce que certains fidèles ne sont pas victimes dans le service qu’ils sont en droit d’attendre de leur pasteur, de leur prêtre, de leur berger ?

Comment donc prétendre construire la paix sur la base de tous ces fléaux ?

Mgr rappelle que des Camerounais victimes d’injustices et de discriminations ne peuvent pas être des bâtisseurs de la paix. Car, en effet, aucune victime de déshumanisation ne peut prétendre avoir la paix comme souci. « Peut-on véritablement collaborer à la construction de la paix lorsqu’on a mal dans son âme ou dans son corps, ou encore lorsqu’on n’est même pas capable de dire qu’on a  mal ? »

Au Cameroun, le régime oblige les citoyens à renier leurs souffrances !

Au Cameroun, il est interdit d’exposer ses souffrances. L’on se souvient, au début de la crise anglophone, les autorités gouvernementales ont souvent, publiquement, déclaré que la situation est maitrisée. Minimisant ainsi les victimes dont les nombres sept ans après, se chiffrent à des dizaines de milliers, aussi bien du côté des populations civiles que des forces de défense et de sécurité. Ce qui amène Mgr Emmanuel ABBO s’interroge : « posons-nous cette question, chers frères et sœurs, ne suis-je pas dans mes pensées, dans mes paroles, dans mes actes, dans mes publications, dans mes interventions et mon comportement au quotidien acteur ou complice de la montée de la  haine, de la colère dans mon pays ? » une question qui concerne aussi bien les dirigeants que le citoyens ordinaires qui agissent par voie de médias mainstream et des nouveaux médias. Il s’agit d’interpeler la responsabilité des uns et des autres afin que le vent qui souffle contre la paix soit stoppé.

Continuer malgré tout à militer en faveur de la paix.

Même si la paix est sur une pente très raide, il y a lieu de garder l’espoir qu’elle ne chutera pas dans l’abîme, car il existe de nombreux compatriotes qui y croient et œuvrent sans relâche pour qu’elle soit préservée, malgré les défis anthropiques et naturels qui s’imposent à eux. « Ces comportements, certes ne sont pas à généraliser sur tous les camerounais, sur tous les habitants du Cameroun, parce que nous savons qu’il y a beaucoup d’âmes de bonne volonté dans les services publics comme dans les services privés, dans les familles ou partout où l’on se trouve des personnes qui travaillent, des personnes qui prient pour la construction de la paix au Cameroun. », déclare Mgr Emmanuel ABBO.

En conclusion

Le Cameroun doit demeurer un havre de paix malgré les tumultes. Pour cela, chaque citoyen doit œuvrer, là il se trouve, à faciliter le vivre ensemble. Car sans vivre social, il n’ya point de cohésion sociale ; et sans cohésion sociale, point de paix. En s’adressant ainsi à ses fidèles de son église ainsi qu’à toutes les personnes qui auront la grâce divine de recevoir son message, l’évêque du diocèse de Ngaoundéré paraitra comme un opposant du pouvoir de Paul BIYA qui aspire, 43 ans après sa présence sans discontinuité aux affaires, à se perpétuer au pouvoir. Mais aux yeux des citoyens, il se présente comme un combattant pour la libération de la démocratie prise en otage par le régime.

Augustin Roger MOMOKANA