Centre Climatique de Dschang : le lait de la mère ne coule plus.

Centre Climatique de Dschang : le lait de la mère ne coule plus.

#Komiaza- C’est l’histoire du premier village de vacances d'Afrique centrale construit de 1940 à 1943 par la Compagnie des Chargeurs Réunis de France dans le but d’accueillir ses officiers supérieurs sortis de la Seconde Guerre Mondiale. Ces soldats avaient droit à un repos paisible prolongé, dans un cadre idéal pour apaiser l’esprit après des années d’horreur.

L’histoire du Centre Climatique de Dschang interpelle la conscience de nos gouvernants. Pour des raisons inavouables, l’Etat a laissé se consumer la plus grande mémoire du tourisme dans notre pays. Nos dirigeants ont craché sur la mamelle qu’ils ont tétée. Avec la complicité, sans doute, de quelques opérateurs régionaux ou locaux qui investissent dans l’hébergement marchand.

A Yaoundé, personne ne parle plus du Centre Climatique de Dschang. Ce village touristique perché sur un plateau à 1400m d’altitude mérite toujours que, de temps à autre, des escapades y soient organisées. Dschang lui doit sa renommée internationale. Seules les archives pourraient nous renseigner des personnes qui ont laissé leurs empreintes en ce lieu mythique de Dschang : des Officiers supérieurs, des Chefs d’Etat, des membres de gouvernements, des industriels, des hommes politiques, des scientifiques de renom, des personnes ordinaires, des familles en vacances

Le Centre Climatique de Dschang n’est pas si vieux que l’on pense, même s’il s’est fissuré avec le temps. Malgré ses 80 ans de vie, il porte encore fièrement son fardeau. Quoi que le visage ressemble à celui d’un vieillard de trois siècles : des murs balafrés ou éventrés, des toits pourris, certains bungalows loués aux particuliers qui y pratiquent de l’élevage de la volaille et de porcs, d’autres aux pasteurs qui y tiennent des églises dites réveillées, etc.

Que s’est-il passé ? Le majestueux hameau boisé a été exploité sans en contrepartie recevoir des soins nécessaires pour son constant rayonnement. Pourtant, tous sommes unanimes que pour rester en santé l’homme doit régulièrement faire son check up, il pratiquer du sport, il doit manger des fruits et légumes, il doit se lave le corps quatre fois au moins dans la semaine. Pour vivre heureux, l’homme doit s’aimer par-dessus tout.

Le Centre Climatique de Dschang c’est un total de 51 chambres dans plusieurs  dizaines de bungalows ou boukarous construit à l’identique d’un palais royal des Hautes terres de l’Ouest. Si vous ne pouvez pas y passer une nuitée, soyez au moins de ceux qui l’adorent pour son cadre idyllique, pour son paysage féérique, pour son climat à nul autre pareil, pour ses chants d’oiseaux inspirants, pour les beuglements des zébus du voisinage, pour le parfum des cerisiers qui escortent fièrement votre flânerie.

Certains n’aiment pas la flânerie ? Vous préférez le sport ! Le Centre Climatique de Dschang vous offre sa rue bitumée qui forme une boucle sur un kilomètre. J’ai souvent rêvé entrain d’y organiser un semi-marathon international de récolte de fonds pour remettre ce bijou au goût du jour. Les courts de tennis sont entourés d’herbes. Seuls les chevaux résistent à l’usure du temps ; ils vous permettraient, si vous en êtes fans, de pratiquer de l’équitation.

L’Etat ne peut pas expliquer aux camerounais qu’il ne trouve pas 5 milliards FCFA pour rénover le Centre Climatique de Dschang dans un style plutôt rustique pour lui permettre de garder son charme et de continuer à attirer les touristes internationaux.

Augustin Roger MOMOKANA