Vie des communautés - Baleveng en images : S. M. Guemegni Gaston a reçu les Mèdzong samedi dernier.

Vie des communautés - Baleveng en images : S. M. Guemegni Gaston a reçu les Mèdzong samedi dernier.

#Komiaza.com - Mèdzong Mockbet! Mèdzong Lefang Mbeng! Mèdzong Mbeng Mewè! Elèh’adzong! Mèdzong Mvem’meka’ah, Ama’a Tsoh. Ces clans d’âge ont tous répondu présents. Tandis que Ala’a ghap, N’guené, N’guen’gni ont tous disparus ou sont pratiquement à la porte. Ces derniers clans seront attribués dès d’une nouvelle génération émettra le souhait d’être baptisée. Vie des Communautés.

La salle des usages du palais royal Baleveng a fait sa mue samedi 10 mai 2025, à l’occasion de la rencontre entre le chef supérieur, Sa Majesté GUEMEGNI Gaston, et les différents mèdzong (Clans d’âge). Ils sont partis de Douala, Yaoundé, Nkongsamba, Bafoussam, Dschang, Mbouda et bien d’autres villes du Cameroun pour rejoindre les membres de leurs différents clans au village.

Une conférence-débat d’ouverture animée par Sa Majesté GUEMEGNI Gaston.

Au menu, l’évaluation de la réforme opérée il y a plus d’un an, dans le souci de redynamiser et de rendre plus visible l’action des soldats du chef. Cela concerne non seulement dans le village, mais aussi dans les différentes diasporas intérieures et extérieures. Une crise que Sa Majesté demande de stopper le plus rapidement possible car le mèdzong est une institution qui ne doit ni faiblir ni faillir, même si ses missions d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier.

Sa Majesté GUEMEGNI Gaston n’est donc pas du tout content de ses soldats. C’est à peine qu’il ne les a pas accusés d’avoir jeté leurs armes. Cela à cause de manquements criards observés dans le déploiement de la feuille de route prescrite aux différents leaders, à savoir les Tèguia Mèdzong et les Nkem Mèdzong. Il est même allé loin, fustigeant ceux des soldats qui n’arborent ni tenue ni brandissent leur lance ou leur épée lors des rassemblements. « On n’applaudit pas le mèdzong, on brandit sa lance ou on fait rugir ses grelots des pieds. « Qui connait le nom de la tenue que nous arborons? Personne ? Cela s’appelle « esohou so’h » (l’habit de Soh) en hommage aux batailles de Banso qui ont opposé nos ancêtres aux autochtones. Batailles à l’issue desquelles nos ancêtres descendus de la plaine Tikar, vaincus se sont déplacés pour s’installer sur nos terres actuelles », a expliqué Fô Tso’gnang.

Il a été rappelé aux uns et aux autres que l’une des résolutions prises de commun accord dans le cadre de la réforme est fondée sur la coalition, pas le jumelage, du kwakwa avec le mèdzong. Cela s’entend que toutes les assises du n’timba doivent être bouclées par la sortie du mèdzong. Le mèdzong est  aujourd’hui est une force au service du développement de la communauté, mais aussi un moyens de communication, de mobilisations et de surveillance du territoire et mérite d’être en alerte dans l’ensemble de la communauté.

Pour information, A’timba est une organisation traditionnelle au sein de laquelle se retrouvent tous les habitants et ressortissants d’un quartier. Dans les villes, il constitue l’assemblée mensuelle des filles et fils d’un groupement au sein du Kwakwa. Dans où dans l’autre cas, l’adhésion s’impose à tous parce qu’il est l’instrument d’animation mensuelle de mobilisation, d’animation et d’encadrement des membres de la communauté. D’ailleurs, le chef supérieur du groupement Baleveng a instruit les  chefs de quartier de procéder à un recensement de tous leurs habitants de l’intérieure et de l’extérieur afin que ceux d’entre eux qui sont actifs dans la vie soient intégrer dans le N’timba  et le Mèdzong.

Dans les villes, le Kwakwa accueille les nouveaux venus, les encadre et les guide dans leur réinsertion sociale. En lui association le Medzong, il va sans dire que cette autre instance obligatoire pour tous les hommes en activité ou âgé de seize ans va connaitre son renouveau dans le groupement Baleveng. Le medzong, en tant que rassemblement du clan d’âge intervient de fait dans les événements tels les obsèques et les funérailles. Il n’est pas possible d’inhumer un homme âgé de 16 ans sans que son clan d’âge n’intervienne dans le rituel de la rupture de la porte, par exemple.

Trois cadeaux à Sa Majesté le chef supérieur Baleveng.

Après la conférence d’évaluation, a suivi la phase des cadeaux au chef supérieur.  D’abord le cadeau du chef du village Foyaguem. Ce dernier a offert à sa Majesté une paire d’ivoires en bois sculpté ainsi qu’une peau de panthère.

Le deuxième don a été celui du Medzong Ma’a Tsoh. Ce dernier a remis une enveloppe de 400 000 FCFA à sa Majesté. Un soutien que Sa Majesté GUEMEGNI Gaston a fortement salué, indiquant qu’il va permettre d’accélérer les travaux d’aménagement de l’esplanade du palais royal. Il a saisi l’occasion pour témoigner toute sa gratitude aux autres donateurs dont Madame Marie la fille de Fomenkeu. En rappelant à la communauté que ce projet concerne toutes les âmes de bonne volonté. Des artisans sont à l’œuvre. Ils en sont à la taille des pierres. Les pavés devant être en pierre.

Enfin, Medzong Mvem Meka’ah est venu remettre un lot de chaises. Cela, nous a renseignés un membre de ce groupe, participe du souci de renforcer les possibilités d’accueillir confortablement les hôtes du roi. Ce clan d’âge, le dernier-né, se démarque par sa volonté de s’illustrer au même titre que ses ainés.

La grande parade des clans de Medzong.

Une fois les deux premières articulations de la cérémonie épuisées, les soldats royaux ont regagné l’esplanade du palais royal, où ils ont construit une haie pour accueillir le chef supérieur qui, après la formalité d’usage : l’annonce de la décision d’adopter le mois de mai comme étant celui du Medzong dans le groupement Baleveng, a donné  las en jouant le grand tambour. Et à peine s’est-il installé dans son trône, la démonstration des différents clans d’âge a commencé. Les mouvements sont par clan d’âge, des ainés aux cadets. Les ainés doyens, dont le clan ne compte plus que quelques membres ne bougent presque pas, si ce n’est approuver de la tête les pas des uns et des autres. L’essentiel c’est qu’ils sont présents, en tenue et leurs armes en main. Cela symbolise la transmission du témoin aux jeunes générations. « Hier, nous avions la hargne de danser et d’aller partout où natema’h pouvait nous envoyer. Cela n’est plus possible aujourd’hui car nous sommes entrain de partir. Nous sommes à la porte. Notre génération est presque déjà à ses dernières graines et nous souhaitons qu’avant de partir nous voyons ceux qui vont continuer de porter l’armée de Fô Tso’gnang », a confié un doyen à Komiaza.com. La parade fut belle et grandiose.

Le bruit des coulisses

Selon des indiscrétions glanées au cours de l’assise, la communauté Baleveng de Yaoundé qui prépare l’installation de ses nouveaux responsables aurait failli. Certains de ses membres auraient pris sur eux, contre l’avis de l’assemblée, d’admettre le nommé TETAKUA KEUATSOP Aimé, chef de 3e degré du village Balekouet, dans le registre de la communauté. Pour obtenir cet exploit, le fils renégat aurait fait décaisser des sommes d’argent et promis de financer la cérémonie d’installation. Si le fait est fondé, qui présidera ladite cérémonie ? Est-ce à dire qu’il se serait entendu avec ces responsables afin que la communauté Baleveng de Yaoundé disparaisse pour constituer la communauté Balekouet ? Pourquoi ce n’est qu’aujourd’hui que ce Monsieur qui est né et a grandi à Yaoundé frappe-t-il à la porte du Kwakwa ? Autant de questions que l’on est en droit de se poser s’il est avéré que l’information est vraie. Approché, le chef supérieur Baleveng n’a pas souhaité répondre à nos questions sur le sujet, estiment ne pas détenir d’informations suffisantes pour se prononcer. Il a néanmoins demandé à la communauté Baleveng de Yaoundé de rester très vigilante.

TETAKUA KEUATSOP Aimé est ce fils du groupement qui a eu l’exploit de se faire délivrer une décision administrative qui érige sa chefferie de 3e degré en chefferie supérieur de 2e degré au même titre que la chefferie supérieur Baleveng dont son village est un maillon. Face aux contestations de la population, le ministre de l’administration territoriale avait prescrit une enquête préfectorale qui, malheureusement n’a jamais livré ses conclusions.  Nos sources nous informant que le même ministre aurait instruit aux autorités administratives, sur toute l’étendue du territoire nationale, de suspendre toute action touchant la chefferie traditionnelle.

Texte : Augustin Roger MOMOKANA

Photos : ARM