Election présidentielle : vous voulez qui comme prochain président de la République du Cameroun ?

Election présidentielle : vous voulez qui comme prochain président de la République du Cameroun ?

La bataille pour le fauteuil présidentielle a déjà commencé. Chacun y va de ses arguments. Convaincu que les électeurs sauront se rallier à sa cause.

Qui sont ces personnes qui veulent prendre le destin du Cameroun en main ? Quels sont leurs arguments ? Et à quoi devraient s’en tenir les électeurs pour les départager? Komiaza fait la sauce ici.

Paul BIYA est déterminé à se maintenir sur le fauteuil tant convoité. Il aurait été piqué par le virus qui pique ceux qui accèdent à la présidence de la République-là. Pour cela il va déployer tous les moyens personnels et les moyens d’Etat pour tenter l’impossible. Aidé par des responsables d’Etat animés par le peur de perdre leurs privilèges. Nessa le pays c’est pour lui et eux ? Il a même dit le 10 février dernier à la jeunesse qu’il est détenteur de moyens pour conduire le Cameroun vers l’émergence. Un argument que de nombreux Camerounais ne peuvent partager, vu son bilan de 43ans à ce même poste. Qu’il se retire pour quelqu’un d’autre dirige aussi le pays xi on voit.

Le prof. Maurice KAMTO est le candidat le plus redouté de tous. Celui qui s’est auto-déclaré Président élu à l’issue du scrutin présidentiel de 2018 fait feu de tous les bois. Il a même lancé une campagne pour récolter des miards pour financer sa campagne. Une façon de dire qu’il avant d’aller au vote, il voudrait connaitre la taille des Camerounais qui militent en faveur de sa candidature. Mais l’ancien collaborateur du Chef de l’Etat lorgne ce  fauteuil et n’est pas proche pour autant. Le RDPC et les politologues du dimanche qui lui prédisent l’irrecevabilité de sa candidature du fait que son parti n’est représenté ni à l’assemblée nationale, ni au conseil régional, ni au conseil municipal, ni au sénat savent que le leader du MRC n’aura plus besoin de 300 signatures et de « l’accord » d’un sous-préfet pour composer son dossier. Il n’en n’a plus besoin, car ce dimanche 11 mai 2025, plusieurs militants du SDF avec à leur tête le très célèbre avocat Maitre TSAPI Joseph Lavoisier par ailleurs 1er adjoint au maire de Bafoussam 1er, ont rejoint les rangs du MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun). Un jeu politique dont seul le RDPC était jusqu’ici le maitre. Le RDPC qui concentrera tous ses efforts et ses manœuvres pour lui faire obstacle.

Me AKERE MUNA est le candidat d’une coalition de partis politiques de seconde zone, mais qui ont la chance d’avoir misé sur une personnalité qui peut faire le consensus national alors que la majorité est d’accord de faire ses adieux au RDPC. Ce brillant avocat d’origine anglophone à toutes les cartes pour prendre le pouvoir. Il devrait profiter de la guéguerre que se livrent les francophones pour faire entendre sa cause. Tout semble lui réussir depuis qu’il a exprimé son vœu d’obtenir un mandat de cinq ans non renouvelable pour opérer la transition et opérer une réforme institutionnelle gage de la remise du Cameroun sur le droit chemin. Ses combats passés : lutte contre la corruption et l’impunité, lutte contre la violation des droits de l’homme et son opposition farouche à une loi en faveur des LGBT+ devraient militer en sa faveur. Il est bien d’inviter les camerounais à ne pas se laisser distraire par ceux-là qui l’accusent d’être le fils de Salomon TANDENG MUNA, un ancien dignitaire du pays sous Ahidjo et sous Paul BIYA. Le père n’étant pas le fils et vice-versa.

Cabral LIBII n’a pas cessé de jouer la carte des jeunes. Ses prises de position à l’Assemblée Nationale ont fortement conforté sa position d’un élu à la défense du peuple. Pourtant, il ne rassure plus les jeunes, depuis qu’il s’est brouillé avec le fondateur de son parti. L’interventionnisme du Ministre  de l’Administration territoriale dans le choix et la nomination à la tête du PCRN (Parti Camerounais de la Reconstruction Nationale) a fini par jeter du discrédit sur l’homme politique. Interventionnisme qui laisse croire à l’opinion publique nationale que la candidature de PCRN n’est rien d’autre qu’une fabrication du Gouvernement pour émietter les voix en faveur de l’opposition et faciliter de ce fait le maintien du candidat du RDPC au pouvoir. Cabral LIBII devra avant tout se montrer en dehors de ces reflets pour espérer lorgner le fauteuil présidentiel.

OSIH Joshua est depuis le mort de Ni John FRU NDI le chairman du SDF (Social Democratic Front). Il a hérité d’un parti en lambeaux. Son leadership n’a pas pu stopper la saignée. Et au fur et à mesure que l’échéance approche, les rangs du parti se vident au profit de ses concurrents. Non seulement cela, mais aussi le parti a pris du plomb dans l’aile depuis l’élection de candidat du parti à l’élection présidentielle 2025. Ajouté à cela la dénonciation de l’idéologie du parti qui en a fait un parti tribal, rien à voir avec sa grande aura des années 90 et 2000. Ce qui aussi est un sérieux handicap pour le SDF. OSIH Joshua, s’il souhaite relancer son parti afin de la sauver de la tornade qui pourrait souffler sur lui après l’élection présidentielle, devra miser sur une coalition. Ce ne serait pas froisser son image de parti historique. 

Valère BESSALA est un électron libre que les téléspectateurs apprennent à découvrir sur les plateaux et l’apprécient fort bien. Malheureusement, cet administrateur civil qui a démissionné de ses fonctions ne rassure pas pour autant, parce que très peu connu des Camerounais de l’hinterland. Il a intérêt à soutenir le candidat de la transition, lui qui a beaucoup à apporter au Cameroun. Ce faisant il se positionnerait pour participer, au cas où la population se levait pour voter en faveur de la libération, à la reconstruction nationale.

Plusieurs autres candidature mijotent, mais aucune certitude qu’elles soient officialisées. Les traditionnels alliés du candidat BIYA vont-ils maintenir leur alliance ? BELLO BOUBA, ISSA TCHROMA et les autres sont conscients que ljusqu’il leur engagement politique n’a pas servi les intérêts du Cameroun, mais leurs égoïsmes personnels. Ils ont cette fois l’opportunité de jouer la carte de la libération. Ce serait faire amende honorable et faire leur mea culpa après tous les torts qu’ils ont causé au Cameroun en soutenant une candidature qui en 43 de pouvoir n’a pas su répondre aux attentes des Camerounais. De nombreux griefs pèsent sur le régime du Président Paul BIYA qu’ils soutiennent: incapacité de fournir l’énergie électrique et de l’eau potable aux Camerounais, violation constant des droits civiques avec notamment le musèlement de la concurrence politique par des arrestations arbitraire suivies des condamnations des militants de l’opposition, érection de l’impunité et de la personnalisation du pouvoir par les pontes du régime, injustice foncière, entre autres.

Le Cameroun va à l’élection présidentielle 2025 pour un seul objectif sa libération. Cela signifie qu’au lendemain du scrutin, si les Camerounais décidaient à travers les urnes  de rompre avec le passé et ses turpitudes, le pays deviendrait un vaste chantier. Il sera alors question de reconstruire la nation, la patrie, l’identité nationale et toutes ces valeurs qui ont été plombées par la mal gouvernance.

Texte: Augustin Roger MOMOKANA

Photo: ARM